La mort du cinéaste André Laban, ancien second du commandant Cousteau

Par @Culturebox
Publié le 11/10/2018 à 11H56
André Laban dans son atelier à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), le 2 décembre 2016

André Laban dans son atelier à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), le 2 décembre 2016

© Rémy Gabalda / AFP

Le plongeur, peintre et cinéaste André Laban, qui fut pendant 21 ans le second du commandant Cousteau, est mort à quelques jours de son 90e anniversaire, a annoncé jeudi sa famille à l'AFP dans un communiqué.

"Mon père est décédé mercredi de vieillesse, à Saint-Antonin Noble-Val" (Tarn-et-Garonne), a expliqué à l'AFP son fils Jean Brun, joint par téléphone.

André Laban, né à Marseille le 19 octobre 1928, avait embarqué en tant qu'ingénieur chimiste à bord de la Calypso en 1952. Cette rencontre signait le début d'une collaboration de 21 ans avec le commandant Jean-Yves Cousteau.

Il fabrique une caméra résistant à la pression sous-marine

Grand bricoleur, le plongeur marseillais conçoit et fabrique "la première caméra 35 mm en PVC" en 1954, munie d'un boîtier résistant à la pression et protecteur de la lumière. C'est avec cette caméra que le "Monde du silence", mis en scène par Louis Malle, est tourné. Le film est un triomphe : il reçoit en 1956 la Palme d'or à Cannes, ainsi que l'Oscar du meilleur documentaire.
"Le monde du silence" (1956) - teaser
Directeur de l'Office français de recherches sous-marines de 1956 à 1966, André Laban collabore encore avec Cousteau pour la réalisation de deux films, avant une rupture au début des années 1970 pour des raisons financières.

Il continue de filmer l'océan... dans un angle humoristique

L'amateur d'humour se lance alors dans un cinéma d'une nouvelle veine, destiné à "amener des sourires": il veut réaliser des films dans lesquels les images seraient mises en valeur par la musique et les effets sonores. Un pari réussi puisque le réalisateur reçoit la Palme d'or au festival mondial de l'image sous-marine avec "Iris et Oniris" (1996) ou encore le prix de l'humour au festival d'Antibes avec le documentaire "Neptunia" (2007).
André Laban : le documentaire "Neptunia" (2007)


Il s'était tourné vers la peinture

Dans ses dernières années, André Laban cultivait sa passion du Grand Bleu surtout via la peinture - tout en teintes de bleus, évidemment. "Ayant effectué des plongées hors de l'habitacle, il a éprouvé le besoin de retranscrire ce que l'œil humain percevait", expliquent ses enfants dans un communiqué, rappelant que leur père avait inventé la peinture sous l'eau en 1966, lorsqu'il se mit à peindre entre 15 et 25 m de fond.

"Ma cote est faible, mais quand je serai mort...", plaisantait en 2016 l'invétéré blagueur, lors d'une rencontre avec l'AFP. La famille du cinéaste organise une commémoration non-religieuse samedi à 11h00, au crématorium de Montauban. La cérémonie est ouverte au public.