Le documentaire "Atelier de conversation": des citoyens du monde apprennent le français à Beaubourg

Mis à jour le 05/02/2018 à 19H07, publié le 05/02/2018 à 19H08
Le monde entier dans une pièce du centre Beaubourg.

Le monde entier dans une pièce du centre Beaubourg.

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Les ateliers de conversation, installés au centre Beaubourg, réunissent entre quatre murs des étrangers qui se parlent en une langue parfois précaire, comme le sont leurs situations. Le film "Atelier de conversation" du réalisateur autrichien Bernhard Braunstein donne à voir ces échanges teintés d'accents divers.

Une pièce pas bien grande, planquée dans le tubulaire labyrinthe du centre Georges Pompidou, une quinzaine de chaises en plastique formées en un cercle étroit. Le décor d'"Atelier de conversation" ne paie pas de mine. Pourtant, Bernhard Braustein prétend y filmer le monde, en écoutant des ressortissants de différents continents apprendre le français en se faisant la conversation. Le film donne des visages aux étrangers parce que, affirme le réalisateur, "dans cet atelier, on n'est pas classé ou jugé comme le font certains politiciens qui parlent d'une masse indistincte d'immigrés comme d'une masse dangereuse; moi, je montre des individus".

Reportage France 2 L. Hakim / D. Wolfromm / P. Deschamps / D. Da Meda / D. Dahan . E. Brouillard / J.M. Noël / A.C. Béquet

https://videos.francetv.fr/video/NI_1179133@Culture

"Il n'y a pas d'étrangers, il n'y a que des gens que l'on ne connait pas encore"

Le réalisateur Bernhard Braustein est autrichien et ne parlait pas un mot de français lorsqu'il découvre, au hasard d'une visite à la bibliothéque du Centre Georges Pompidou, l'atelier de conversation. Il s'inscrit et rejoint un petit groupe cosmopolite d'étrangers qui cherchent comme lui à apprendre le français. L'homme d'image repére tout de suite les émotions puissantes que dégage ce café du monde.

Des visages et des paroles

Braustein aime les visages. Sa caméra posée au centre du cercle de parole filme en gros plan. La bolivienne qui sourit en butant sur les mots, la boulangére japonaise qui aime la France mais qui pleure sa famille, le sévére juge turc qui finira par sourire à l'américaine.

L'animateur rappelle la régle : on ne parle qu'en français et sont bannis de la conversation les questions religieuses et politiques. La régle sera souvent transgressée, et cette petite société des nations immigrée rieuse et émue s'engueule dans le respect et la tolérance. 

Réalisé en 2017, le documentaire de Bernhard Braustein sort en salles mercredi 7 février.