"Une nouvelle chance" : Clint Eastwood mal fichu en good guy aigri

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 20/11/2012 à 15H51
Clint Eastwood dans "Une nouvelle chance" de  Robert Lorenz

Clint Eastwood dans "Une nouvelle chance" de Robert Lorenz

© Warner Bros. France

Robert Lorenz, producteur attitré de Clint Eastwood depuis des lustres, signe son premier film de metteur en scène et ne pouvait qu’inviter son vieux complice sur son premier long métrage. Un film autour du base-ball, sport icône des USA, avec une star non moins icône de son cinéma.

De Robert Lorenz (Etats-Unis), avec : Clint Eastwood, Amy Adams, Justin Timberlake, John Goodman - 1h51 - Sortie : 21 novembre
 

Synopsis : Un découvreur de talents spécialisé dans le baseball voit sa vie basculer avec la perte progressive de sa vue. Il décide pourtant de faire un dernier voyage à Atlanta, accompagné de sa fille, à la recherche d'un talent prometteur.
 

« Gran Torino » mal revisité
Le film de sport est un genre en soit à Hollywood et le base-ball encore plus. Robert Lorenz met toutes les chances de son côté en faisant interpréter son découvreur de nouveaux joueurs en perte de vitesse par le vétéran  Clint Eastwood, malencontreusement devenu le maladroit garant des conservateurs américains, en soutenant le Républicain Mitt Romney lors des dernières présidentielles américaines. Une maladresse qui se reflète dans « Une nouvelle chance ».

Eastwood y reprend sa défroque d’Américain aigri si bien peaufinée dans « Gran Torino ». Mais sa répétition dans un contexte américano-américain n’a pas lieu d’être. Le script empèse le film à souhait, le mettant face à sa fille, brillante avocate lâchant sa carrière pour le rejoindre dans le monde du base-bal, pas crédible une seconde, avec secret familiale à la clé.

Amy Adams et Clint Eastwood dans "Une nouvelle chance" de  Robert Lorenz

Amy Adams et Clint Eastwood dans "Une nouvelle chance" de Robert Lorenz

© Warner Bros. France

Téléphoné
Eastwood est au rendez-vous, avec sa voix éraillée de buveur de bourbon et fumeur de cigares, casquette sur la tête et dégaine nonchalante. Mais il parodie son rôle de « Gan Torino », si fin, grâce à un scénario savamment orchestré, ici pataud et attendu.

Dans « Une nouvelle chance » tout s’opère comme on l’espère : pourvu qu’ils se retrouvent, pourvu qu’il va trouver le bon joueur, pourvu qu’elle va tomber dans les bras de son prétendant… Et tout arrive dans le meilleur des mondes, tout est ordonné selon nos attente. Si bien qu’il n’y a aucune surprise ; tout est attendu, téléphoné, au rythme d’une mise en scène siphonnée jusqu’à la corde et sans invention. Conserve.