"Spring Breakers" : mi-doc, mi-nanar !

Mis à jour le 18/03/2013 à 18H22, publié le 18/03/2013 à 16H24
Extrait de "Spring Breakers"

Extrait de "Spring Breakers"

© Muse Productions

Comment rater son coup en ayant toutes les cartes en main ? Après avoir parfaitement installé son sujet et imposé quatre jeunes comédiennes convaincantes, Harmony Korine saborde son film en le transformant en clip indigeste...

Drame américain de Harmony Korine. Avec Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine et James Franco. Durée : 1h32. Sortie : 6 mars 2013

Synopsis :
Pour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

https://videos.francetv.fr/video/NI_144251@Culture

Drôle de film. Capable de nous balancer une première partie crue, violente, d’une implacable lucidité sur la vacuité de ces moments de laisser-aller généralisé, pétages de plomb formatés, ouverture de soupapes de la société de consommation américaine, aux allures d’orgie… Et voilà l’Amérique pudibonde qui se désinhibe brutalement, sans limite ou presque. Quatre jeunes filles dans le vent mauvais, lancées dans une voie sans issue. On s’y attache, on les suit dans leur dérive…

Drôle de film. Capable d’enchaîner sur une deuxième partie totalement ridicule, basculant dans un nanar pathétique où des jeunes filles en deux pièces abattent consciencieusement toute la pègre de la Floride. Que s’est-il passé ? Le réalisateur a-t-il fait une dépression au milieu du tournage ? A-t-il été remplacé par chef-décorateur ? Cette vilaine tournure provoque même un sentiment de malaise. Tous ces gros plans érotico-pornographiques qui servaient parfaitement le propos jusque là apparaissent de plus en plus esthétisants, complaisants. 

Vous avez donc affaire à un magnifique demi-film, quasi-documentaire. Et un demi-navet, tout juste du niveau d’un mauvais clip de rap, qui tourne en rond, cherche une sortie honorable avant de bacler son final.
Quant à la question que se posent toutes les ados fan de Selena Gomez, interdites de salles pour cause d’images et de situation trop violentes : comment est-elle ? Plutôt bien, l’ex-égérie Disney. Un peu en retrait, elle campe une jeune étudiante partagée entre sa volonté de faire la fête et ses valeurs religieuses. Assez convaincante. Et elle disparaît de l’écran au bon moment, lorsque le film entame sa mue vers le pire…