"Song for Marion" : Terence Stamp et Vanessa Redgrave en duo épatant

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 15/05/2013 à 18H00, publié le 15/05/2013 à 17H27
Terence Stamp et Vanessa Redgrave dans "Song for Marion", de Paul Andrew Williams (2013)

Terence Stamp et Vanessa Redgrave dans "Song for Marion", de Paul Andrew Williams (2013)

© Ascot Elite Filmverleih

Réalisateur de « London to Brighton » et de « Bienvenue au cottage », Andrew Williams réunit un duo d’acteurs britanniques mythique, Terence Stamp et Vanessa Redgrave, dans un très joli film, tel que seuls les Britanniques savent le faire, à la fois drôle, touchant et social.

De : Paul Andrew Williams (Grande-Bretagne), avec : Terence Stamp, Vanessa Redgrave,  Gemma Arterton - 1h33 - Sortie : 15 mai 2013

Synopsis Arthur et Marion, couple de retraités londoniens, sont profondément unis malgré leurs caractères dissemblables ; Marion est positive et sociable, Arthur est morose et fâché avec la terre entière. Aussi ne comprend-il pas l’enthousiasme de sa femme à chanter dans cette chorale férue de reprises pop décalées et menée par la pétillante Elizabeth. Mais peu à peu, Arthur se laisse toucher par la bonne humeur du groupe et par la gentillesse d’Elizabeth. Encouragé par cette dernière, qui a inscrit la chorale à un concours, Arthur réalise qu’il n’est jamais trop tard pour changer.
"Song for Marion" : la bande annonce
Dans l'ombre d'« Amour »
Après « Amour » de Michael Haneke, encensé dans tous les festivals, le troisième âge inspire les cinéastes. « Song for Marion » est assez proche de la Palme d’or 2012, en ce sens qu’il traite de l’attention d’un époux (Terence Stamp) envers sa femme (Vanessa Redgrave) atteinte d’un cancer, en fin de vie. Les deux scénarios sont cependant très différents, ainsi que leur traitement.

Le film de Haneke était tout en retenue, grave et profond dans ses intentions, comme à son habitude. Celui de Paul Andrew Williams tire sur la comédie dramatique, avec plus de légèreté et un discours social propre au cinéma anglais, souvent irrésistible. Au cœur de l’amour entre Arthur (Stamp) et Marion (Redgrave) se dessine une sensibilité semblable à celle développée par Haneke. Un dévouement profond, voire un même sacrifice.

La différence vient de la nature des personnages. Arthur est acariâtre, c’est un misanthrope, et Marion une femme qui se sait condamnée et veut profiter de ses derniers instants de vie. Malgré sa maladie qui la handicape, elle trouve ses dernières joies en participant à une chorale d’amateurs, à laquelle Arthur ne souscrit aucunement. Il y viendra…
Gemma Arterton et Terence Stamp dans "Song for Marion" de Paul Andrew Williams

Gemma Arterton et Terence Stamp dans "Song for Marion" de Paul Andrew Williams

© Haut et Court
Le chant sociétal
Les Britanniques ont un rapport au chant et à la musique très différent du nôtre. C’est pratiquement un fait sociétal, que l’on avait pu voir traité dans le magnifique « Distant Voices » (2008) de Terence Davies, ou que l’on vérifie dans le phénomène des fanfares. En Angleterre, la musique rassemble, en France, l’approche est plus individualiste. Ce qui n’a pas toujours été le cas d’ailleurs, mais l’est devenu.

« Song for Marion » demeure un film craquant autour de ce thème, de ces thèmes, avec deux acteurs formidables. Les scènes comiques et émouvantes se succèdent avec rythme, sans emphase, mais des morceaux de bravoure (le casting de sélection de la chorale à un concours) hilarants. L’émotion passe à plein régime, sans lyrisme pour autant, et la larme pointe au coin de l’œil plus d’une fois. Très touchant.
Terence Stamp, vanessa Redgrave et Gemma Arterton dans "Song for Marion de Paul Andrew Williams

Terence Stamp, vanessa Redgrave et Gemma Arterton dans "Song for Marion de Paul Andrew Williams

© Haut et Court