"Sicario La Guerre des Cartels" ...la suite, un polar percutant

Mis à jour le 27/06/2018 à 16H54, publié le 26/06/2018 à 15H14
Josh Brolin, Jeffrey Donovan et Benicio Del Toro dans "Sicario, La Guerre des Cartels" de Stefano Sollima

Josh Brolin, Jeffrey Donovan et Benicio Del Toro dans "Sicario, La Guerre des Cartels" de Stefano Sollima

© Metropolitan FilmExport

En 2015, Denis Villeneuve ("Incendie", "Premier contact", "Blade Runner 2049") signait "Sicario", polar sec violent et stylé, avec Benicio Del Toro, Emily Blunt et Josh Brolin. De cette réussite étonnante, naît une franchise qu’il lègue à l’Italien Stefano Sollima. Dans un style plus réaliste, "Sicario La Guerre des Cartels" en récupère les codes pour en faire une série.

La note Culturebox

3
3/5

De la mafia aux cartels

Benicio Del Toro et Josh Brolin, reprennent du service sans Emily Blunt. Le premier, Alejandro, avocat qui a perdu sa famille tuée par un cartel mexicain, assiste le FBI dans une enquête où il doit enlever la fille d’un "parrain" pour déclencher "La Guerre des Cartels", afin de les éradiquer. Tueur implacable, c’est une valeur "sûr"…
"Sicario, La Guerre des Cartels" : la bande annonce
Denis Villeneuve empruntait les codes du thriller pour en faire un exercice de style flamboyant. Son esthétique graphique, expressionniste, renvoyait à la bande dessinée et aux jeux vidéo dans ses plans subjectifs. Successeur du réalisateur canadien, l’Italien Stefano Sollima (la série "Gomora") est plus sage, classique, mais efficace. Versé dans la mafia sicilienne, les cartels mexicains lui vont très bien.
"Sicario La Guerre des Cartels" : l'affiche américaine

"Sicario La Guerre des Cartels" : l'affiche américaine

© Metropolitan Filmexport

Culpabilité

"Sicario" se déroulait essentiellement en Arizona, "La Guerre des Cartels" se tient du côté mexicain de la frontière. L’on retrouve le sens du paysage qui créé une continuité avec le film précédent. En même temps, Alejandro (Benicio Del Toro) ne tire plus sur tout ce qui bouge par vengeance personnelle, mais aux services du FBI. Avec toujours le trauma de vivre l’enlèvement de la fillette du parrain, comme celui de sa propre fille.
 Isabela Moner et Benicio Del Toro dans "Sicario, La Guerre des Cartels" de Stefano Sollima

 Isabela Moner et Benicio Del Toro dans "Sicario, La Guerre des Cartels" de Stefano Sollima

© Metroplitan Filmexport
De ce point de vue, le film joue plus sur le psychologique (la culpabilité d'enlever une enfant comme le fut sa fille) que l’action. Mais, nous ne sommes pas chez Bergman. Les cartels sont passés du trafic de drogue, à celui des migrants. C’est la toile de fond de cette suite qui colle à l'actualité, prétexte à un bon film de genre, moins novateur que celui de Denis Villeneuve. Reste un film poursuite, un road movie percutant, un beau polar.
"Sicario La Guerre des Cartels" : l'affiche française

"Sicario La Guerre des Cartels" : l'affiche française

© Metropolitan Filmexport

LA FICHE

Genre : Thriller
Réalisateur : Stefano Sollima
Pays : Etats-Unis
Acteurs : Benicio Del Toro, Josh Brolin, Isabela Moner, Catherine Keener, Matthew Modine, Jeffery Donovan 
Durée : 2h02
Sortie : 27 juin 2018
Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis :
Les cartels mexicains font régner la terreur à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Rien ni personne ne semble pouvoir les contrer. L'agent fédéral Matt Graver fait de nouveau appel au mystérieux Alejandro pour enlever la jeune Isabela Reyes, fille du baron d'un des plus gros cartels afin de déclencher une guerre fratricide entre les gangs. Mais la situation dégénère et la jeune fille devient un risque potentiel dont il faut se débarrasser. Face à ce choix infâme, Alejandro en vient à remettre en question tout ce pour quoi il se bat depuis des années…