"Pupille" : le parcours du combattant émouvant d'une adoption heureuse

Mis à jour le 04/12/2018 à 18H35, publié le 04/12/2018 à 18H32
Élodie Bouchez dans "Pupille" de Jeanne Herry

Élodie Bouchez dans "Pupille" de Jeanne Herry

© StudioCanal

Jeanne Herry signe son deuxième film avec "Pupille" en dirigeant pour la seconde fois Sandrine Kiberlain qui tenait le rôle principal du réussi "Elle l’adore" au côté de Laurent Lafitte. Elle transforme l’essai en écrivant et réalisant ce film sur l’adoption, avec un trio d’acteurs formidables, où son actrice est rejointe par Gilles Lellouche et Elodie Bouchez.

La note Culturebox

4
4/5

Les rouages de l’adoption

L’enjeu de "Pupille" n’est pas tant dans le dénouement heureux de l’adoption finale, que dans son long parcours. Une jeune femme d’une vingtaine d’années accouche sous X d’un garçon. Il est confié à un couple d’accueil (Jean et son épouse) pour une durée limitée, avant que le service d’adoption sélectionne une famille. Cela fait 10 ans qu’Alice (Elodie Bouchez) attend cet instant. Elle est soutenue par Karine (éducatrice spécialisée) et Jean (Gilles Lellouche) qui héberge l'enfant. Tous trois vont tout faire pour qu’aboutisse l'adoption.
"Pupille" : la bande annonce
Il n’y a pas vraiment de personnage principal dans "Pupille", sinon Théo, le bébé abandonné par sa mère le jour de sa naissance. Ce n’est pas pour autant un film choral, tous les protagonistes tournant autour de cette adoption. Tous ont leur importance, depuis la jeune mère biologique, jusqu’à Alice, en passant par l’assistante sociale, l’éducatrice spécialisée, et Jean qui s’occupe avec amour de l’enfant. "Pupille" démonte tous les rouages de l’adoption, mais ne se limite pas à une "adoption mode d’emploi".

Digressions romanesques

Le film écrit et réalisé par Jeanne Herry recèle une grande puissance romanesque. La cinéaste raconte son histoire à travers tous ces passages de témoins sur lesquels repose le destin d’un petit d’homme en devenir, en instance d’amour. Tous sont impliqués pour lui procurer le meilleur environnement possible, sans que le scénario les idéalise. Le script n’hésite pas à digresser pour s'attacher au vécu de chacun des acteurs, et va au-delà du descriptif de la machine administrative. Il ne l'élude pas pour autant, suggèrant la "compétition" existant entre les sélectionneurs qui défendent chacun leur "candidat" à l’adoption.
Gilles Lellouche et Sandrine Kiberlain dans "Pupille" de Jeanne Herry

Gilles Lellouche et Sandrine Kiberlain dans "Pupille" de Jeanne Herry

© StudioCanal
On n'attendait pas Gilles Lellouche dans un rôle de papa virtuel, bourré d’amour pour ce bébé venu de nulle-part, comme s’il était un "professionnel" de la maternité ! Un rôle qu’il endosse visiblement avec passion et auquel il insuffle tendresse et humour. Très touchant. Elodie Bouchez est bouleversante en mère dans l'attente. Tous ces personnages sont en première ligne de cette aventure humaine soumise aux rouages de l'administration. Beau et passionnant.
"Pupille" : l'affiche

"Pupille" : l'affiche

© StudioCanal

LA FICHE

Genre : Drame
Réalisateur : Jeanne Herry
Pays : France
Acteurs :  Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez, Olivia Côte, Claudine Mollet, Miou-Miou, leila Muse, Stéfi Celma
Durée : 1h47
Sortie : 5 décembre 2018

Synopsis : Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C'est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision... ou pas. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s'appelle Alice et cela fait dix ans qu'elle se bat pour avoir un enfant. "Pupille" est l'histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.