"On l'appelait Roda" : Etienne Roda-Gil dans un documentaire paroles et musique

Mis à jour le 03/11/2018 à 11H31, publié le 30/10/2018 à 10H45
Etienne Roda Gil-Gil et Vanessa Paradis dans "On l'appelait Roda" de Charlotte Silvera

Etienne Roda Gil-Gil et Vanessa Paradis dans "On l'appelait Roda" de Charlotte Silvera

© Zelig Films Distribution

Parolier de Julien Clerc, Barbara, Vanessa Paradis, Claude François et de tant d’autres, Etienne Roda-Gil, décédé en 2004, méritait un hommage filmique posthume, tant le personnage a marqué la chanson française. Surtout à travers Julien Clerc ("La Cavalerie", "Ce n’est rien", "Si on chantait"…). Charlotte Silvera sort un documentaire d’entretiens : une série de témoignages sur un être rare.

La note Culturebox

3
3/5

Fidèle à lui-même

Issu d’une famille catalane réfugiée en France après la guerre d’Espagne qui vit la défaite des Républicains face aux franquistes; né dans un camp de réfugiés à Montauban, Etienne Roda-Gil gardera pour toujours ses racines. Elles sont inscrites dans ses paroles qu’il écrit pour les chanteurs du moment, mais chez lesquels il sent une sensibilité réceptrice. Dès 1968, cela sera au premier rang Julien Clerc qu’il découvre à la Sorbonne, venu voir ce qui se passait dans le milieu estudiantin de l’époque…
"On l'appelait Roda" : la bande annonce
C’est cette transmission que traduisent les entretiens qu’il accorda à Charlotte Silvera à la Closerie des Lilas, son QG de Montparnasse. Des entretiens réunis dans ce beau documentaire, d’où ressort toute la personnalité, l’enthousiasme, la ferveur de l’auteur Roda-Gil. Comment la traduire autrement qu’à travers ses mots, ses paroles, toujours la clope au bec, cigarette sur cigarette, avec ses addictions qui lui seront fatales pour disparaitre à 62 ans. Trop tôt, alors qu’il avait tant encore à dire.

Poète de l'industrie

Le documentaire ne brille pas par une originalité formelle, composé d’une suite d’entretiens frontaux, ou avec Vanessa Paradis qu’il lança avec "Joe le taxi" (1987), entrecoupés d’interventions avec Julien Clerc ou Jean-Claude Petit (compositeur), Louis Bertignac (Téléphone) et beaucoup de Roger Waters (cofondateur de Pink Floyd et pour lequel il a écrit avec son épouse l'opéra "Ça ira"). Ces propos précieux, formulés sur le ton de la confidence, constituent le témoignage d’un homme et de ses proches, mais n'auraient-ils pas plus leur place à la télévision qu’au cinéma ?
Etienne Roda-Gil dans "On l'appelait Roda" de Charlotte Silvera

Etienne Roda-Gil dans "On l'appelait Roda" de Charlotte Silvera

© Zelig Films Distribution
C’est un peu trop souvent la règle du documentaire… Homme de l’ombre, discret, Etienne Roda-Gil, qui se définit comme "poète de l’industrie", c’est-à-dire homme de mots communiquant avec le public par le disque, rejaillit toutefois entier. Toujours fidèle à ses origines, anarchiste dans les gênes, il parvient à partager sa fibre par des canaux, des chanteurs que l'on n’attendait pas forcément (Claude François, Julio Iglesias). Ses interprètes eux-mêmes ne s’en rendent pas toujours compte, sans parler de son public. Mais son discours reste constant, fidèle à lui-même. Chapeau l'artiste.  
"On l'appelait Roda" : l'affiche

"On l'appelait Roda" : l'affiche

© Zelig Films Distribution

LA FICHE

Genre : Documentaire
Réalisateur : Charlotte Silvera 
Pays : France
Acteurs : Etienne Roda-Gil, Vanessa Paradis, Julien Clerc, Roger Waters, Sophie Marceau, Juliette Gréco, Louis Bertignac… 
Durée : 1h37
Sortie : 31 octobre 2018

Synopsis : Qu’ont en commun des artistes devenus mondialement connus, emportant la langue française sur des tempos et des rythmes allant du rock à la musique médiévale en passant par le mambo ou des mélodies entêtantes sur lesquelles nous dansons toujours ? : Etienne Roda-Gil, parolier de Julien Clerc, Christophe, Claude François, Vanessa Paradis, Roger Waters...