Nous avons vu « Le Hobbit » : oui, mais…

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 06/12/2012 à 16H37
Ian McKellen est "Gandalf le Gris" dans "Le Hobbit : un voyage inattendu" de Peter Jackson

Ian McKellen est "Gandalf le Gris" dans "Le Hobbit : un voyage inattendu" de Peter Jackson

© Warner Bros. France

Projeté jeudi en première de presse, la très attendue préquelle au « Seigneur des anneaux », « Le Hobbit : un voyage inattendu », toujours signée Peter Jackson, a reçu un accueil mitigé, pour une sortie mercredi prochain.

Le changement dans la continuité
Le film est dans la continuité de la trilogie du « Seigneur ». Dans son esthétique et sa narration. Comment faire autrement, quand il s’agit d’un même univers, dont l’adaptation est conduite par le même metteur en scène ? Grand bien soit-il ! L’on retrouve ainsi nombre d’acteurs, dans ce premier pan d’une nouvelle trilogie, dans les mêmes rôles, garants d’une fluidité indispensable. Même Ian Holm, qui interprétait Bilbon âgé dans les films précédents, fait le lien entre les deux pans.

Après un pré-générique (comme dans le « Seigneur ») qui situe le contexte, très spectaculaire, Bilbon raconte comment il fut entraîné dans son aventure inaugurale au grand cycle que l’on connaît. Suite à une réception « inattendue » conduite par Gandalf, commence une succession de scènes spectaculaire, l’action ne mollissant pas une seconde, enchaînant épisode épique sur épisode épique, au rythme d’un parcours entrepris par les treize nains. Ils sont les instigateurs de l’aventure, conduite par Gandaf le Gris, venu recruter Bilbon pour les suivre, afin de restaurer les nains dans leur royaume perdu, investi par le dragon Smaugh.
 

Adaptation réussie, mais l'image...
Quelle mouche a piqué Peter Jackson de garder la forme d’une longue trilogie pour adapter un roman de 300 pages ? Ce qui était justifié pour « Le Seigneur », 1000 pages divisées en trois tomes, semble ici, au prime abord, incongru. Avec ses coscénaristes, il s’en tire finalement plutôt bien. Le film garde un rythme soutenu et s'en tient à la première partie de l’ouvrage. Il ausculte les moindres recoins de l’histoire, entrecoupant les nombreuses et longues scènes d’action, de dialogues développés. Ainsi la rencontre entre Bilbon et Golum, nœud de l’intrigue (puisqu’elle introduit le fameux anneau), est particulièrement creusée.

Le récit n’en n’est pas malmené pour autant. Là où le bât blesse, c’est dans l’image, toujours très soignée, mais à laquelle le relief n’apporte rien, sinon des désagréments. On nous avait annoncé un procédé technique révolutionnaire apportant une qualité inégalée grâce à un filmage à 48 images/seconde, le HFR (High Fidelity Resolution), alors que la projection  presse n’a pas été conçue pour ce nouveau format très attendu (50 salles en France le permettront toutefois dès le 12 décembre, selon Warner). Résultat : un relief plat, parfois mal synchronisé, avec des images aux couleurs bizarres dans toute une partie du film. Des défauts dus peut-être davantage à la mauvaise qualité de la projection qu’au filmage, mais c'est bien dommage.

"Bilbo le Hobbit : un voyage inattendu" de Peter Jackson

"Bilbo le Hobbit : un voyage inattendu" de Peter Jackson

© Warner Bros. France
Enfin, les très nombreux effets spéciaux ne semblent pas avoir beaucoup évolués depuis la première trilogie (2001-2003). S’ils sont de bonne facture, l’on sent tout de même l’image de synthèse, par un manque de matière et des mouvements trop fluides. Avec l’impression d’assister sur 80% de la projection, à un beau film d’animation, plus qu’à autre chose. Des défauts, que cela soit pour le relief ou l’image numérique, qu’avait évité James Cameron dans « Avatar », étalon-or en la matière. Donc : peut mieux faire.