"Nobody's Watching" : toute la solitude d'un expatrié argentin filmée à New York

Mis à jour le 23/04/2018 à 11H43, publié le 23/04/2018 à 11H24
Guillermo Pfening dans "Nobody's Watching" de Julia Solomonoff

Guillermo Pfening dans "Nobody's Watching" de Julia Solomonoff

© PRO-FUN MEDIA GmbH

Alors que l’immigration est au cœur des politiques occidentales, et que le président américain Donald Trump crie haut et fort vouloir fermer ses frontières aux sud-américains, "Nobody's Watching" voit un jeune acteur argentin essayer de faire sa place à New York. Film indépendant pur sucre, le récit d’une errance entre soif de réussir, sentiments, distanciation et retour aux racines. Emouvant.

La note Culturebox

3
3/5

La belle histoire

Il se passe quelque chose dans ce film. Une chose rare. La rencontre entre un personnage et le spectateur à partir d’anecdotes anodines, du quotidien d’un jeune homme lambda, pris dans la galère pour trouver sa place et réaliser son rêve de réussite. Rien d’extraordinaire, et pourtant l’on accroche à ce Nico (excellent Guillermo Pfening de tous les plans), comédien en quête d’emploi, baby-sitter chez sa logeuse, barman à ses heures, qui enchaîne les petits boulots, trouve des contacts, avant d'être rattrapé par un petit succès passé dans une série argentine qui va le faire réfléchir…
"Nobody's Watching" : la bande annonce
Pas vraiment d’intrigue dans "Nobody's Watching", mais une belle histoire. Plutôt un beau portrait d’homme, en quête d’un présent et d’avenir si affinité. Ses pérégrinations pour trouver un rôle sont d’une grande justesse, dans les besoins à subvenir au quotidien, dans des opportunités sans suite, des rencontres, des sorties, des castings difficiles à coordonner. Julia Solomonoff, scénariste et réalisatrice, connaît visiblement son sujet, tant elle transmet les sentiments, l’émotion et le vécu de son acteur en marche.

Vibrant

Si l'homosexualité de Nico occupe une partie du film, elle n’en est pas au cœur. Mais elle y participe dans son attachement à ses racines argentines, là où il a réussi et où il va revenir pour mieux en repartir. Cette réussite ne sera signifiée qu’à la toute fin du film, au générique, et ce n’est pas le "spoiler" que de le dire, tout l’intérêt est ailleurs. Il est dans la sensibilité de la réalisatrice à transmettre celle de son personnage, extrêmement touchant, vibrant.
Guillermo Pfening et Elena Roger dans "Nobody's Watching" de Julia Solomonoff

Guillermo Pfening et Elena Roger dans "Nobody's Watching" de Julia Solomonoff

© Epicentre Films
Julia Solomonoff capte parfaitement la solitude de son personnage, pourtant entouré. Seul, pris en charge, aidé, redevable et généreux… On l’aime d’emblée et la cinéaste inspire plus qu’une identification, mais une empathie profonde. "Nobody's Watching" signifie "personne ne regarde", mais tout le monde le voit.
"Nobody's Watching" : l'affiche française

"Nobody's Watching" : l'affiche française

© Epicentre Films

LA FICHE

Genre : Drame
Réalisateur : Julia Solomonoff 
Pays : Argentine / Colombie / Brésil / Etats-Unis / France
Acteurs : Guillermo Pfening, Elena Roger, Rafael Ferro
Durée : 1h41
Sortie : 25 avril 2018

Synopsis : Nico est un comédien argentin tout juste installé à New York. Dans l'attente de trouver un rôle, il enchaîne les petits boulots pour s'en sortir… Sa vie affective et sociale s'en trouve bouleversée. Quand un ancien amant lui rend visite, tout vacille, l’obligeant à se confronter aux raisons de son exil.