"Massacre à la tronçonneuse 3D" : une histoire de famille bien saignante

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 03/08/2013 à 11H44, publié le 03/08/2013 à 11H27
Alexandra Daddario dans "Texas Chainsaw 3D" de John Luessenhop

Alexandra Daddario dans "Texas Chainsaw 3D" de John Luessenhop

© Lionsgate

Si le film garde son titre original en France, « Texas Chainsaw 3D », il s’agit évidemment du septième film sortant sous le label « Massacre à la tronçonneuse ». Le remake de 2003 était étonnant et son « prequel » (2006) digeste. La « nouveauté » cette fois vient de la 3D, mais pas uniquement, pour aboutir à un vrai film d’horreur, renouant assez bien avec ses origines.

De John Luessenhop (Etats-Unis), avec : Alexandra Daddario, Dan Yeager, Scott Eastwood - 1h32 - Sortie : 31 juillet 2013
Interdit aux moins de 16 ans

Synopsis Après le massacre de ses quatre amis, Sally était parvenue à échapper à l’épouvantable famille Sawyer. Les habitants de la petite ville de Newt, au Texas, avaient décidé de faire justice eux-mêmes, brûlant la maison de cette famille maudite et tuant tous ses membres. C’est du moins ce qu’ils crurent à l’époque. Des années plus tard, à des centaines de kilomètres de là, une jeune femme, Heather, apprend qu’elle vient d’hériter d’un somptueux manoir victorien, léguée par une grand-mère dont elle n’avait jamais entendu parler. Accompagnée de ses meilleurs amis, elle part découvrir la magnifique propriété isolée dont elle est désormais propriétaire. Heather va comprendre que du fond des caves, l’horreur n’attend qu’une occasion pour surgir…
"Texas Chainsaw 3D" : la bande annonce
Chronique d’un massacre annoncé
« Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper constitue un trublion hors du commun dans l’histoire du cinéma, au-delà du statut « culte » qui lui est rattaché. L’original fait aujourd’hui partie du patrimoine américain, étant intégré à la "Study Collection" du Musée d'Art Moderne de New York, comme un des films les plus influents, au même titre que « Citizen Kane » ou « La Nuit des morts-vivants », dont il est plus proche. Sept films plus tard, ce qui est devenu un mythe n’a guère perdu de son efficacité. Aujourd'hui la 3D tente de lui donner un sang neuf, ce qui en fait n’ajoute pas grand-chose. Un constat finalement rassurant, puisque cette nouvelle mouture joue efficacement sur les fondamentaux des origines.

Bonne idée : le film renoue avec la fin du premier, restaurant en 3D les images les plus traumatisantes de l’original. Le scénario s’embarque alors dans une fumeuse histoire d’héritage mais passablement plausible. On retrouve une bande de jeunes adultes à bord d’un van VW pur seventies et leur débarquement dans une maison où les attend le fameux « Leatherface », le massacreur à la tronçonneuse…  Fin de la première partie.
"Texas Chainsaw 3D" de John Luessenhop

"Texas Chainsaw 3D" de John Luessenhop

© Lionsgate

Faut que ça saigne 
C’est à l’issue de cette mise en place que les choses deviennent intéressantes. Ce qui n’était pas évident. Tout le film se transforme dès lors en un plaidoyer contre la vindicte populaire, ou lynchage - très pratiqué au Texas au XIXe siècle -, et encore très présent dans les consciences. Aussi, le retournement de situation en faveur de Leatherface de la part d’une de ses victimes, quand elle découvre qu’elle fait partie de la « famille », est des plus réjouissants.

« Texas Chainsaw 3D » reste néanmoins avant tout un efficace film d’horreur. Il ne néglige pas les plans gore, devenus de plus en plus rares aujourd’hui dans le genre. « Faut que ça saigne » comme disait Boris Vian, et le réalisateur John Luessenhop ne s’en prive pas, tout en introduisant des plans assez malsains tout en référence à l’original. La 3D est par contre moins convaincante, même si la profondeur de champ n’est pas mal vue. Mais l’on aurait plus aimé quelque mouches venir sur le bout de notre nez, vue la morbidité de l’ensemble, ou quelques gouttes d’hémoglobines éclabousser nos lunettes, sinon les dents de la tronçonneuse venir nous chaouiller le visage… Ne sommes-nous pas là en plein train fantôme ? Alors pourquoi ne pas allez jusqu’au bout ?.