"Ma belle gosse" : un petit goût de Maurice Pialat

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 11/09/2013 à 15H34
Lou Aziosmanoff dans "Ma belle gosse" de Shalimar Preuss

Lou Aziosmanoff dans "Ma belle gosse" de Shalimar Preuss

© Nour Films

L’été, la mer, une maison de vacances, un groupe d’enfants et d’adolescents encadrés de quelques adultes, une atmosphère dilettante, de farniente… et un secret. Il y a dans cette atmosphère familiale, et le sujet de "Ma belle gosse", orienté vers l’enfance, comme un air de Pialat.

De Shalimar Preuss (France), avec : Lou Aziosmanoff, Jocelyn Lagarrigue, Victor Laforge - 1h20 - Sortie : 11 septembre 2013

Synopsis : Maden, 17 ans, passe ses vacances à l'Île-de-Ré dans la famille de son père avec ses cousins. Maden a un secret, elle correspond régulièrement avec un détenu de la prison de l'île... 
"Ma belle gosse" : la bande-annonce

"Les Dernières vacances"
Maurice Pialat a beaucoup traité le thème de l'enfance. Mais ce rapprochement s'arrête là, Shalimar Preuss, qui signe son premier film avec "Ma belle gosse", choisit en effet une forme quasi-documentaire, caméra à l’épaule, alors que le réalisateur de "Van-Gogh" cadrait soigneusement ses plans.

Le film n’est pas sans évoquer par ailleurs "Les Dernières vacances" de Roger Leenhardt (1947), avec Odile Versois, avec lequel "Ma belle gosse" a en commun cette grande maison ensoleillée, peuplée d’enfants et d’adolescents, où se trament des secrets et des expériences qui vont les transformer, et où se fomente une perte de l’innocence qui va les projeter vers l’âge adulte. C’est ce que va vivre  Maden, qu’interprète une très sensible Lou Aziosmanoff. Retranchée et plus mature que ses cousins et cousines, elle va faire l’expérience d’un amour épistolaire et les frais de ce qu’elle juge être une trahison.

"Ma belle gosse" de Shalimar Preuss

"Ma belle gosse" de Shalimar Preuss

© Nour Films

Solaire
Très beau sujet que traite Shalimar Preuss, également signataire du scénario. Si le secret de Maden est le nœud gordien de l’affaire, elle ne néglige pas l’ensemble des protagonistes en se focalisant sur le groupe d’enfants. Leurs petits conflits, jalousie, envahissements mutuels, jeux, moqueries… Les adultes sont laissés un peu de côté et quand ils interviennent c’est souvent en dépit de la sensibilité des plus jeunes.

Elle fait toutefois passer, de façon plus générale, un sentiment de vacances familiales, solaire, dans lequel se joue, se noue, des étapes essentielles à la formation personnelle. Un beau film, discret et sensible, tourné tout en retenue, sans musique, distancié, mais émouvant, sans ostentation,  au ton juste et à la sensibilité communicative, presque tactile.