"Lone Ranger" : Johnny Depp dans un western parodique ébouriffant

Mis à jour le 12/08/2013 à 11H18, publié le 07/08/2013 à 14H29
Armie Hammer et Johnny Depp dans "Lone Ranger, naissance d'un héros" de Gore Verbinski

Armie Hammer et Johnny Depp dans "Lone Ranger, naissance d'un héros" de Gore Verbinski

© The Walt Disney Company France

Icône de la culture américaine, « The Lone Ranger », peu connu en France, personnage de western né durant l’âge d’or de la radio aux Etats-Unis, en 1933, sa longévité s’étend jusqu’en 1954 et sur 2956 épisodes ! Après la radio, il s’est expatrié à la télévision, dans les comics, au cinéma, les jeux vidéo. Il apparaît aujourd’hui sous les traits d’Armie Hammer, mais Johnny Depp lui vole la vedette.

De Gore Verbinski (Etats-Unis), avec : Johnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson, Helena Bonham Carter - 2h29 - Sortie : 7 août 2013

Synopsis : Tonto,  guerrier indien, raconte comment John Reid, un ancien défenseur de la loi, est devenu un justicier légendaire. Ces deux héros à part vont devoir apprendre à faire équipe pour affronter le pire de la cupidité et de la corruption. Le tandem fait des étincelles dans un tourbillon de surprises et d’humour.
"Lone Ranger, naissance d'un héros" : la bande-annonce

Un des premiers super-héros
Symptôme de la crise des scénarios depuis des lustres, « The Lone Ranger » ne déroge pas à la règle. Si l’on ne peut changer de sujet, il faut changer la forme, l’adapter aux crédos contemporains. Et pourquoi pas une bonne vieille parodie d’un héros ancestrale, avec des effets qui en mettent plein la vue ? Producteur de la franchise « Pirates des Caraïbes », John Bruckeimer, met sur le coup Johnny Depp (Jack Sparow des « Pirates »), remplace la piraterie du XVIIe siècle par la Transcontinental US des années 1860, sur un ton tout aussi amusé : le tour est joué. Et, avouons-le, assez bien.

Reportage:A.Oueslati, S.Guibout, R.Attal, J.Lodereau

https://videos.francetv.fr/video/NI_137497@Culture


Pas facile de rendre crédible un vengeur masqué coiffé d’un Stetson blanc dans le cinéma contemporain. Hollywood nous a déjà fait avaler à plusieurs reprises le retour de Batman, de Superman et de toute la ménagerie Marvel, Captain America en tête (pas des plus faciles). Alors pourquoi pas Lone Ranger, contemporain de « The Shadow », ancêtre de tous (qui va surement nous tomber dessus un jour ou l’autre, malgré son retour désastreux en 1994).  « Lone Ranger » est d’un bien autre niveau, même dans ce prés-carré du blockbuster qui a bien du mal à s’en tirer, vue les budgets investis. Le flop de « Lone Ranger » aux USA pourrait bien être fatal à cette « Naissance d’un héros » (sous-titre du film).

Helena Bonham Carter  dans "Lone Ranger, naissance d'un héros" de Gore Verbinski 

Helena Bonham Carter  dans "Lone Ranger, naissance d'un héros" de Gore Verbinski 

© The Walt Disney Company France

Hors du cadre Disney
A la réalisation, Gore Vebrinski est à sa place, après sa réussite avec « Rango », film d’animation qui pastichait le western spaghetti. « Lone Ranger » est ainsi rempli de références au genre, et à Sergio Leone en particulier, dans les cache-poussière d’«Il était une fois dans l’ouest » et au sujet lié à la Transcontinentale, ou dans l’ombrelle du « Bon, le brute et le truand » et à la musique d’Ennio Morricone. Mais le film, s’il exploite fort bien ce registre va plus loin.

Film Disney, « Lone Ranger » étonne par des motifs peu usités des studios de la souris aux grandes oreilles : beaucoup de morts, un peu de sang, des prostituées et un rien de scatologie, sans parler d’un discours antimilitariste et pro-indien. Nous sommes loin du conservatisme de la vieille maison qui a besoin de se rajeunir. Elle prend des risques et les payent, vus les résultats au box-office.

Dommage, car Depp reformule bien son jeu de Jack Sparow (« Pirates des Caraïbes ») sous les traits de l’indien Tonto, affublé d’un très beau maquillage. Armie Hammer joue tout en second degré le héros et William Fichtner interprète un méchant savoureux, dans un Ouest bien crade. Les morceaux de bravoure ne manquent pas, et malgré sa discrétion, Helena Bonham Carter en maquerelle à la jambe en ivoire aux secrets explosifs, est des plus réjouissantes. Des atouts qui valent vraiment d’assister à cette « Naissance d’un héros » drolatique, divertissante et spectaculaire. En espérant que, malgré tout, elle aura une descendance.