"Les Veuves" : Steve McQueen filme des braqueuses de vie

Mis à jour le 28/11/2018 à 11H22, publié le 28/11/2018 à 11H12
Jacki Weaver et Elizabeth Debicki dans "Les Veuves de Steve McQueen

Jacki Weaver et Elizabeth Debicki dans "Les Veuves de Steve McQueen

© Twentieth Century Fox

Steve McQueen ("12 Years a Slave") adapte au grand écran la série britannique "Les Veuves" ("Widows") en la transposant du Londres des années 80 au Chicago contemporain. Un thriller habité par des femmes qui ont à en découdre avec la vie, sur un fond politique peuplé d’hommes véreux. McQueen surfe sur la vague féministe, en restant fidèle à ses thèmes, tout en signant un film noir efficace.

La note Culturebox

4
4/5

Sauver sa peau

On retrouve dans "Les Veuves" l’intérêt pour la politique de Steve McQueen dans "Hunger" (2008), la prédation des hommes sur les femmes induite dans "Shame" (2011), et la dénonciation du racisme, sujet de "12 Years a Slave" (2013). Cela pourrait faire beaucoup s’il ne maîtrisait pas un récit bien dosé où s’enchevêtrent braquage, intimité et élection municipale.
"Les Veuves" : la bande annonce
A Chicago, où le 18e district est détenu depuis des lustres par la famille Mulligan, issue de la bourgeoisie blanche protestante, arrive un challenger noir. Les deux bords sont autant corrompus l’un que l’autre. Au milieu, un groupe de braqueurs entretient des rapports troubles avec eux. Leur dernier casse tourne mal et ils y perdent tous la vie. Sous pression, leurs veuves, qui ne savaient rien de leurs agissements, doivent rattraper le coup pour sauver leur peau.

Electro-choc

Après un montage percutant où le fiasco du braquage alterne avec l’intimité entre leurs auteurs et leurs compagnes, Steve McQueen prend son temps pour installer le contexte complexe de son intrigue. En multipliant les personnages, en creusant leur profil et en développant le fond de rivalité politique, le cinéaste adhère au style de récit propre aux séries. Il parvient pourtant à réduire à deux heures ce qui en prend six dans la sérialisation. Aussi, prend-il soin de relancer régulièrement le tempo qui parfois pourrait languir.
Elizabeth Debicki, Cynthia Erivo, Michelle Rodriguez et Viola Davis dans "Les Veuves" de Steve McQueen

Elizabeth Debicki, Cynthia Erivo, Michelle Rodriguez et Viola Davis dans "Les Veuves" de Steve McQueen

© Twentieth Century Fox France
Il y parvient avec un tueur à gages persuasif et violent, mais surtout un coup de théâtre des plus percutants. Se produit alors un électro-choc qui relance le film sur un rythme soutenu, allant en crescendo jusqu’à sa résolution. Steve McQueen réussit à construire une histoire prenante, habitée de femmes qui prennent leur destin en main, face au machisme, au pouvoir et au racisme des hommes. Sans jamais tomber dans un manichéisme réducteur, "Les Veuves" est le récit d’une survie qui mène à la vie.
"Les Veuves" : l'affiche

"Les Veuves" : l'affiche

© Twentieth Century Fox France

LA FICHE

Genre : Thriller
Réalisateur : Steve McQueen
Pays : Etats-Unis
Acteurs :  Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki, Cynthia Erivo, Colin Farrell, Brian Tyree henri, Daniel Kuuuya, Jacki Weaver, Carrie Coon, Robert Duvall, Liam Neeson
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Durée : 2h09
Sortie : 28 novembre 2018

Synopsis : Chicago, de nos jours. Quatre femmes qui ne se connaissent pas. Leurs maris viennent de mourir lors d’un braquage qui a mal tourné, les laissant avec une lourde dette à rembourser. Elles n'ont rien en commun mais décident d’unir leurs forces pour terminer ce que leurs époux avaient commencé. Et prendre leur propre destin en main…