"Les Coquillettes" : un film de filles bien gratinées

Publié le 19/03/2013 à 10H37
Sophie, Camille et Carole : trois copines en manque d'amour... mais pas d'humour !

Sophie, Camille et Carole : trois copines en manque d'amour... mais pas d'humour !

© Ad Vitam

Pour son deuxième long métrage, Sophie Letourneur a voulu réaliser un "Very Bad Trip" au féminin… mais avec seulement 300 000 euros ! Elle a donc choisi de tourner (en huit jours) dans la ville suisse de Locarno plutôt qu’à Las Vegas, et fait appel à des acteurs bénévoles et amateurs. Petit budget mais grande rigolade : "Les Coquillettes" se dégustent à la bonne franquette !

De Sophie Letourneur (France), avec : Sophie Letourneur, Camille Genaud, Carole Le Page - 1h15 - Sortie : 20 mars 2013

Synopsis Le cinéma, ce n'est pas toujours tapis rouge et petits fours. Parfois, c'est seulement "Coquillettes" ! Trois "nouilles" en mal d'amour partent en virée au festival du film de Locarno en Suisse : Sophie, midinette, est obsédée par le comédien Louis Garrel ; Camille, romantique, rêve d'un histoire d'amour impossible ; Carole, pragmatique, a juste "envie de baiser".
Coquillettes 2013 film Sophie Letourneur
Trois filles cuisinées "au naturel"

Pour faire son casting, Sophie Letourneur n'est pas allée chercher bien loin : Carole Le Page est son ex-colocataire, Camille Genaud est une copine assistante de production, elle-même joue dans cette "comédie sur une bande de copines qui mettent leur quotidien de côté quelques jours pour partir s’éclater entre elles". Une sorte de "Very Bad Trip" (film de Tood Philipps, sorti en 2009) au féminin... avec nettement moins de moyens et des actrices moins célèbres que Bradley Cooper ! La réalisatrice française a voulu emprunter à la comédie américaine son style décomplexé, sans chichi. Elle dit de Camille et Carole : "Elles ne minaudent pas et me rappellent ces actrices américaines belles et drôles, du type Cameron Diaz... Ce ne sont pas des jeunes premières mystérieuses. Et surtout elles n’ont pas peur du ridicule !"

Ridicules, impudiques, immatures, névrosées, lunatiques, menteuses, agaçantes mais tellement attachantes ! Ces filles nous entraînent dans leur quotidien plus vrai que nature. Les dialogues sonnent juste et les situations sentent le vécu : incroyable prise de tête pour rédiger un malheureux SMS, improbable prise de bec sur la façon de découper la mozarella, interminable séance d'essayage de robes avant une soirée... De savoureuses tranches de vie dans lesquelles les filles se reconnaîtront et dont les mecs s'amuseront.
 
Copié-collé : les trois "Coquillettes" en mode "Spring Breakers" !

Copié-collé : les trois "Coquillettes" en mode "Spring Breakers" !

© DR
 
Un plat réussi, mais un peu lourd
 
Une question s’impose dès le début du film : pourquoi Sophie, Camille et Carole éprouvent-elles le besoin de se remémorer de façon si détaillée leur virée à Locarno alors qu’elles y étaient toutes les trois ? La réponse se dessine petit à petit : elles n’ont pas du tout vu les choses de la même façon, l’alcool et la mauvaise foi ("Je me tape pas des mecs à droite à gauche !", s’indigne Carole) ayant rendu leur mémoire sélective. Il n’empêche que la narration à trois voix est parfois fatigante. Autre reproche : les dialogues un peu crus ne sont pas toujours justifiés : "la pute au serre-tête" c’est drôle, l’épisode du "doigt dans le c…", c’est lourd !
 
"Les coquillettes" est néanmoins une comédie réussie, malgré un budget dérisoire (300 000 euros), un temps de tournage très court (8 jours) et une distribution d’acteurs amateurs et/ou bénévoles. Elle donne à voir un trio de femmes à la fois fortes en gueule et faibles de cœur, à la fois libérées et névrosées, un peu nympho, un peu mytho, un peu nunuche… Un very good trip à la française avec des vrais morceaux de vie dedans, bon appétit !