« Les Bêtes du sud sauvage » : l’arche de Noël

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 08/12/2012 à 16H47
"Les Bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin

"Les Bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin

© Fox Searchlight

Grand Prix du dernier Festival du cinéma américain de Deauville, Caméra d'or au 65e Festival de Cannes et Premier prix du Festival du cinéma indépendant de Sundance, l'américain Benh Zeitlin et ses "Bêtes du sud sauvage", sont les révélations cinéma de l'année. Sortie : mercredi 12 décembre.

De Benh Zeitlin (Etats-Unis), avec : Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Jonshel Alexander - 1h32 - Sortie : 12 décembre

Synopsis : La vie d'une petite fille est radicalement transformée quand son père est victime d'une étrange maladie, alors même que le monde subit un déclin brutal. La hausse des températures entraine une montée des eaux et libère des créatures préhistoriques. L'enfant décide alors de partir à la recherche de sa mère.

Fable écologique
Très en phase avec les préoccupations climatiques, mais aussi, sociales et culturelles du moment, "Les Bêtes du sud sauvage", premier film du jeune cinéaste, révèle un cinéaste prometteur, d'une originalité de ton étonnante. Sa petite actrice, Quvenzhané Wallis, porte pratiquement le film sur ses frèles épaules avec une assurance inattendue.   

« Les bêtes du sud sauvage » s’apparente à une fable écologique qui recoupe le drame du cyclone Katrina, abattu sur la Nouvelle-Orléans en 2005. Si c'est dans cette même région que se déroule l’action, le cataclysme n’est jamais nommée. On ne peut qu'y penser, mais nous sommes loin d'un quelconque film catastrophe à l'hollywoodienne.

https://videos.francetv.fr/video/NI_134747@Culture

Ancestralité
Un père célibataire et sa petite fille de 5 ans vivent une relation houleuse, après le départ de sa mère, dans un taudis fangeux du bayou. Le film de Benh Zeitlin met également en perspective toute la communauté alentour, très attachée à sa terre, refusant d’être évacuée à l’approche d’un ouragan qui va l’inonder et la dévaster, au péril de leur vie. Une forme de résistance s’instaure pour défendre un mode de vie ancestral, plutôt que perdre ses racines. Vivant en symbiose avec la nature, violents, habitant des bicoques insalubres qui évoquent des terriers, les « bêtes sauvages » du film, ce sont eux.

Cette ancestralité trouve écho dans la résurgence d’aurochs, animaux préhistorique puissants et dévastateurs, cannibales, également image de la machine administrative tueuse des particularismes. Arrivés au terme de leur course, ils se prosterneront devant l’enfant, garante des valeurs ancestrales, donc d’eux-mêmes. De ce point de vue, « Les Bêtes du sud sauvage » n’est pas sans rappeler « Princesse Mononoké » d’Hayao Miyazaki, dont le message écologique et le respect des traditions est la toile de fond de son œuvre.

Poème visuel et sans concession d’une grande originalité, « Les bêtes du sud sauvage » est le film révélation de l'année.