"Kedi - Des hommes et des chats" : ronronthérapie à Istanbul

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 26/12/2017 à 17H31, publié le 26/12/2017 à 14H40
"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

© scilloscope Laboratories / Epicentre Films

Sari, un rouquin, est peut-être le roi des chats d’Istanbul. Malin, intrépide, fier, et peut-être plus que tous ses congénères stambuliotes : indépendant, le propre des chats. Documentaire deux fois primé, "Kedi - Des hommes et des chats" fait le lien entre la population féline millénaire de la ville turque et ses habitants : une relation conviviale, sociétale, mais aussi spirituelle.

La note Culturebox

3
3/5

Magie féline

On le déteste ou on l’adule, certains y sont allergiques. Si pour le chien, le maître, la maîtresse, est un dieu, une déesse ; pour le chat, il ou elle, est un médium entre lui et Dieu. Un instrument qui lui garantit survie, chaleur et amour. Connu pour son indépendance, il leur "renvoie l'ascenseur" bien des fois. Les scientifiques ont démontré que les caresser faisait baisser la tension, déstressait, et leurs valeurs thérapeutiques font l’objet de nombreux témoignages. Associés aux sorcières au moyen-âge, ces femmes de savoir les gardaient près d’elles car ils ont le pouvoir d’absorber les ondes négatives…
"Kedi - Des hommes et des chats" : la bande annonce
Originaire de Mésopotamie, puis d’Egypte, où ils étaient déifiés, d’abord sauvages, ils se sont domestiqués auprès des hommes avec la naissance de l’agriculture, de la civilisation, comme dans une quête de confort et une sorte de contrat social qui perdure depuis des millénaires. Jeune documentariste turque Ceyda Torun explore les rues d’Istanbul sur la trace des chats qui peuplent la ville depuis toujours, en toute indépendance, sans appartenir à personne, mais en étroite symbiose avec les habitants, et certains privilégiés qu’ils ont choisis, et eux acceptés, accueillis, recueillis.
"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

© scilloscope Laboratories / Epicentre Films

A hauteur de chat

C’est cette étrange relation, fascination, échange réciproque que "Kedi - Des hommes et des chats" met sur la table, à travers l’histoire de sept félins des rues de la ville byzantine. A leur rencontre, Ceyda Torun explore les rues, à leur niveau, les suivant dans de splendides travellings à leur côté, sans jamais les lâcher d’une griffe, les perdant au détour d’un carrefour, pour mieux les retrouver au coin de la rue, dans l’ascension d’une palissade, à la porte d’un immeuble, à une table de café, grattant à la vitre d’un restaurant, endormi sur l’auvent d’une terrasse… Tous ont une personnalité, lisible sur leur frimousse, leur comportement, que décryptent et aiment ceux qui s’en occupent, sans jamais se les accaparer : liberté.
"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

© scilloscope Laboratories / Epicentre Films
Leurs témoignages sont importants : toujours heureux, attentifs et gratifiants. Ils prennent soin de leurs portées, garantissent leur survie, comme des entités protectrices de la cité, de sa vie, de son foisonnement. Une véritable liaison sociale s’établit entre la  cité, l’animal, et les stambuliotes, avec, au-delà, une spiritualité. Comme une communion, un rapport au divin, où se révèle un mystère, une magie qui lie pour toujours "Des hommes et des chats".
"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

"Kedi - Des hommes et des chats"  de Ceyda Torun

© scilloscope Laboratories / Epicentre Films

LA FICHE

Genre : Documentaire 
Réalisateur : Ceyda Torun  
Pays : Turquie / Etats-Unis
Acteurs :  Sari, Aslan, Bengû, Psychopat, Denis, Gamzis, Duman
Durée : ​1h32
Sortie : 27 décembre 2017

Synopsis : Depuis des siècles, des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, mi sauvages, mi domestiqués – et apportent joie et raison d’être aux habitants. "Kedi" raconte l’histoire de sept d’entre eux.