"Gangster Squad" : Sean Penn en chef de gang terrifiant

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 06/02/2013 à 13H12, publié le 05/02/2013 à 10H41
Sean Penn dans la peau de Mickey Cohen dans "Gangster Squad" de Ruben Fleischer

Sean Penn dans la peau de Mickey Cohen dans "Gangster Squad" de Ruben Fleischer

© Warner Bros. France

Après avoir enquillé comédie sur comédie, dont le dévastateur “Bienvenue à Zombiland’’, Ruben Fleisher change de registre avec un film de gangsters pur jus, soutenu par un casting à la testostérone (Sean Penn, Josh Brolin, Ryan Gosling, et Robert Patrick en tête), également illuminé par une radieuse Emma Stone. Violent et glamour.

De Ruben Fleischer (Etats-Unis), avec : Ryan Gosling, Josh Brolin, Sean Penn, Emma Stone, Nick Nolte - 1h53 - Sortie : 6 février
Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis : Los Angeles, 1949. Mickey Cohen, originaire de Brooklyn, est un parrain impitoyable de la mafia qui dirige la ville et récolte les biens mal acquis de la drogue, des armes, des prostituées et – s’il arrive à ses fins – de tous les paris à l’ouest de Chicago. Tout ceci est rendu possible par la protection, non seulement des hommes de mains à sa solde, mais également de la police et des hommes politiques qui sont sous sa coupe. Cela suffit à intimider les policiers les plus courageux et les plus endurcis… sauf, peut-être, les membres de la petite brigade officieuse de la LAPD dirigée par les Sergents John O’Mara et Jerry Wooters qui, ensemble, vont tenter de détruire l’empire de Cohen.
"Gangster Squad" : la bande-annonce
Des méthodes pas très catholiques
La figure emblématique de la pègre californienne des années 40-50, Mickey Cohen, était déjà au centre du magnifique « L. A. Confidential » (1997) de Curtis Hanson. Sa corruption de la politique, de la police et de la justice alimentait un scénario complexe, prétexte au portrait fictif d’un inspecteur torturé (Russell Crowe). « Gangster Squad », plus « primaire » revient à l’histoire véridique du groupe d’hommes de l’ordre à l’origine de l’arrestation de l’égal, à Los Angeles, d’Al Capone à Chicago. Une chasse à l’homme en marge des conventions policières, secrète et dangereuse.

« Gangster Squad » est le véritable nom que portait cette escouade de durs à cuir. Ils ne sont de fait pas très loin de leurs collègues de l’Illinois, les fameux « Incorruptibles ». Leur différence majeure réside toutefois dans leurs méthodes, puisqu’elles recoupent celles de la pègre, au risque d’être eux-mêmes arrêtés, leur appartenance à la police devant restée inconnue de leurs ennemis et des autorités, afin de mieux déstabiliser l’empire de Mickey Cohen. Les faits ont été relatés par Paul Lieberman, ancien journaliste au Los Angeles Time, dans son ouvrage éponyme, le scénario étant signé par Will Beal, ex- inspecteur criminel à L. A.
Giovanni Ribisi, Josh Brolin, Ryan Gosling, Anthony Mackie, Josh Pence, Robert Patrick dans "Gangster Squad de Ruben Fleischer  

Giovanni Ribisi, Josh Brolin, Ryan GoslingAnthony Mackie, Josh Pence, Robert Patrick dans "Gangster Squad de Ruben Fleischer  

© Warner Bros. France
Cocktail à la dynamite
Cette histoire aux limites du croyable alimente un film à la rare énergie, qui ne laisse pas une seconde de répit, de la première à la dernière image. Sean Penn campe un Mickey Cohen habité d’une violence extravagante, tant elle est extrême. La première scène du film est de ce point de vue éloquente et situe d’emblée le personnage. En face de lui, un groupe d’hommes déterminés est mené par un Josh Brolin tout en puissance, secondé par un Ryan Goslin charmeur, Robert Patrick revêtant une défroque de cow-boy d’un autre âge, est, lui, particulièrement savoureux. Heureusement que la ravissante Emma Stone apporte une touche de glamour rafraîchissante dans ce monde de brutes.

La mise en scène de Ruben Fleisher est à la hauteur des enjeux. Impeccable dans sa direction d’acteurs, il inocule à Sean Penn une haine hargneuse et mégalomane, la terreur qu’il inspire étant quasiment palpable. L’action constante emporte un récit aux surprises renouvelées et aux scènes enlevées. dans ce qui pourrait être un cocktail des « Incorruptibles » et de « Scarface », de Brian de Palma, transposé au tournant des années 40 et 50. Percutant.

Reportage : Pascale Deschamps, Martine Lesouef

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