"Galveston" : Mélanie Laurent signe un thriller américain à fleur de peau

Mis à jour le 09/10/2018 à 15H43, publié le 09/10/2018 à 15H19
Elle Fanning dans "Galveston" de Mélanie Laurent

Elle Fanning dans "Galveston" de Mélanie Laurent

© Les Bookmakers / The Jokers

Mélanie Laurent avait surpris en passant si aisément à la réalisation, avec quatre films au compteur, dont "Respire", "Demain" et "Plonger". Un succès qui a mis la puce à l’oreille au cinéma indépendant américain. Il lui offre d’adapter le roman de Nic Pizzolatto, "Galveston", un thriller noir et fiévreux, romantique et tragique avec Elle Fanning et Ben Foster.

La note Culturebox

4
4/5

Noir, c’est noir

Dès la première séquence, le respect des codes du thriller étonne, tant Mélanie Laurent introduit son récit dans une mise en scène puissante et atmosphérique. Un tueur à gages apprend qu’il a un cancer incurable et doit honorer un contrat monté pour le piéger. Il se retrouve avec une jeune femme sur les bras qui va l’embringuer dans une fuite en avant jusqu'à la ville de Galveston, où le vieux briscard va se faire avoir pour aboutir dans une impasse, ou presque…
"Galveston" : la bande annonce
Avec Mélanie Laurent l’appellation française de "film noir" pour l’américain "thriller" prend tout son sens. Son anti-héros Roy Cady (Ben Foster) est en échec, il se retrouve sous tous les feux, et sauve une belle éplorée avec son ennemi et ses sbires à ses trousses dans une chasse à l’homme sur les routes, avec femme et enfant. Une fuite qui double ce thriller d’un road movie emmené à fond la caisse, où s’encastrent un Ben Foster à la virilité fragile, embarqué par une Elle Fanning troublante qui l’embrouille avec sa gamine craquante.
"Galveston" de Mélanie Laurent

"Galveston" de Mélanie Laurent

© Les Bookmakers / The Jokers

Amérique crépusculaire

Le cocktail prend dès le début et enivre jusqu’au bout, tant le script est écrit au cordeau, avec moult relances, et une mise en scène tendue. Mélanie Laurent joue à merveille des scènes nocturnes, de la route, des scènes de motel, en visitant une Amérique crépusculaire et en déroute, comme si elle en était partie prenante. Elle y ajoute une patte toute singulière et européenne, dans son manque de complaisance, mais sans ambages sur la noirceur de son propos, sans hésiter à être rude, avec une violence graphique indispensable à son propos.
Ben Foster dans "Galveston" de Mélanie Laurent

Ben Foster dans "Galveston" de Mélanie Laurent

© Les Bookmakers / The Jokers
Avec "Galveston", Mélanie Laurent rejoint le club fermé des réalisatrices de films de genre, comme les Américaines Kathryn Bigelow ("Démineur"), ou Mary Lambert ("Simetière"), et en France Julia Decoureau avec "Grave". A leur image, elle colle aux arcanes des conventions tout en les dépassant pour emmener ailleurs. Aller à "Galveston", c’est aussi dépasser ses limites tout en restant chez soi. Impressionnant.
"Galveston" : l'affiche

"Galveston" : l'affiche

© Les Bookmakers / The Jokers

LA FICHE

Genre : Thriller
Réalisateur : Mélanie Laurent 
Pays : Etats-Unis
Acteurs : Ben Foster, Elle Fanning, Lili Reinhart, beau Bridges, Maria Valverde, Adepero Oduye, Robert Aramayo, Tinsley Price
Durée : 1h31
Sortie : 10 octobre 2018
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis : 1988. Les temps sont durs pour Roy, petit gangster de la Nouvelle-Orléans. La maladie le ronge. Son boss lui tend un guet-apens auquel il échappe de justesse. Une seule issue : la fuite, en compagnie de Rocky, une jeune prostituée. Deux êtres que la vie n’a pas épargnés. En cavale vers la ville de Galveston, ils n’ont plus rien à perdre…