" Elysium" : Matt Damon et Jodie Foster en pleine Science-fiction

Par @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 18/08/2013 à 16H28, publié le 14/08/2013 à 13H11
"Elysium" de Neill Blomkamp

"Elysium" de Neill Blomkamp

© Sony Pictures Releasing

Cela faisait un moment que l’on attendait le retour du réalisateur de « District 9 » (2009), Neill Blomkamp. C’est désormais chose faite avec, cette fois encore, une production de science-fiction ambitieuse, « Elysium ». Hollywood ne pouvait qu’offrir un pont d’or au cinéaste sud-africain, avec en tête d’affiche Matt Damon et Jodie Foster.

De Neill Blomkamp (Etats-Unis), avec : Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley, Alice Braga, Diego Luna, William Fichtner - 1h50 - Sortie : 14 août 2013

Synopsis : En 2154, le monde est séparé en deux : les très riches, qui vivent sur l'idyllique station spatiale Elysium, et les autres, survivants sur une Terre surpeuplée et ruinée. Max, un homme ordinaire, doit rejoindre Elysium pour une question de vie ou de mort. Sa vie ne tenant qu'à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses : s’élever contre la Secrétaire Delacourt et les forces armées de la station. S’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi une humanité déchue.
"Elysium" la bande-annonce


Un futur au présent
« District 9 » traitait déjà d’un sujet social, avec ses extraterrestres boat-people parqués dans un ghetto de Johannesburg. Dans « Elysium », le ghetto recouvre la terre entière. Il parque cette fois la population humaine la plus pauvre, alors que les nantis habitent une station spatiale high-tech terraformée, équipée de « Medbox », un appareillage permettant de traiter toutes les maladies et blessures en un clin d’oeil. Une transposition de la lutte des classes donc, et du très contemporain creusement de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres partout sur la planète.

Le thème médical est d’ailleurs des plus pertinents concernant cet écart et ce n’est pas un hasard dans le film, alors que l’accès aux soins est de plus en plus élitiste de nos jours, notamment aux Etats-Unis. « Elysium » est de ce fait des plus pertinents au regard d’une science-fiction qui a toujours parlé du futur pour mieux pointer les maux du présent.
 

Jodie Foster neutralise Matt Damon dans "Elysium" de Neill Blomkamp 

Jodie Foster neutralise Matt Damon dans "Elysium" de Neill Blomkamp 

© Sony Pictures Releasing


Trop d’action
Si le discours social est au premier plan d’« Elysium », Neill Blomkamp choisit de le prendre en toile de fond pour réaliser un film d’action pur. Trop sans doute. Les coups de feu, poursuites et bagarres n’arrêtent pas de fuser, notamment lors du combat final, bien trop long, alors que l’on ne comprend pas pourquoi les forces de sécurité de la station sont invisibles dans cet univers hyper sécurisé.

Neill Blomkamp ne fait pas moins montre de talent. Avec ses deux acteurs principaux, très bien dirigés et crédibles, notamment Jodie Foster, dans le rôle d’une Française prête à instaurer un pouvoir dictatorial par un coup d’Etat. Personnifier le méchant par un Français est récurrent dans le cinéma américain. Un trait qu’il serait intéressant d’analyser. Le cinéaste crée également le terrifiant personnage de Kruger, très impressionnant, qu’interprète Sharlto Copley, son acteur principal de « District 9 », décidément talentueux.

La conception artistique du film est enfin primordiale, dans laquelle a pris part l’immense Syd Mead, qui participa notamment à « Blade Runner », dont on retrouve la patte dans le design de la station spatiale et de tout ce qui s’y rattache. L’on détecte enfin des échos de « District 9 », dans le traitement de l’image du Los Angeles de 2154, qui est exactement le même que celui du ghetto extraterrestre de Johannesburg, dans ses teintes poussiéreuses et le gang hégémonique sur le milieu. Neill Blomkamp a donc bien un univers, mais devrait lâcher du lest sur une action plénipotentiaire qui va au détriment de petites lacunes narratives et de sujets passionnants, mais relégués en seule toile de fond.