"Diplomatie" : Paris entre les mains de Niels Arestrup et André Dussollier

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 08/03/2014 à 09H51, publié le 03/03/2014 à 15H04
Niels Arestrup et André Dussollier dans "Diplomatie" de Volker Schlöndorff

Niels Arestrup et André Dussollier dans "Diplomatie" de Volker Schlöndorff

© Jérôme Prébois / Film Oblige - Blueprint Film - Gaumont

Formidable quatuor qui se trouve à la tête de l’adaptation pour le grand écran de la pièce éponyme, "Diplomatie", de Cyril Geily, co-scénariste, avec ses acteurs originels, André Dussollier et Niels Arestrup, sous la houlette du réalisateur Volker Schlöndorff , dans une coproduction franco-allemande sur le sauvetage de Paris en 1944 d’une destruction totale.

De Volker Schlöndorff (Allemagne/France), avec : André Dussollier, Niels Arestrup, Burghart Klaußner, Robert Stadlober - 1h24 - Sortie : 5 mars 2014

Synopsis : La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d'Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le Général n'a jamais eu d'hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C'est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu'il gravit l'escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l'hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel ... - sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l'ordre de destruction.
"Diplomatie" : la bande-annonce
Titanic
Le film va droit au but en se resserrant sur la nuit du 24 au 25 août 1944, où tout s’est joué. L’introduction dévoile le scénario prévu par Hitler pour raser Paris de la carte. L’explosion de tous les ponts, sauf le Pont neuf pour permettre une circulation des troupes nazies de la rive droite à la rive gauche, suivie de la destruction de l’Opéra Garnier (bâtiment préféré du Führer), de l’Assemblée Nationale, de la place de la Concorde, de l’Arc de Triomphe, de Notre-Dame, de la tour Eiffel… La crue de la Seine, suite à ces dommages, devant être similaire à celle de 1910, en entraînant la mort de centaines de milliers de Parisiens.

Avant la reconnaissance de la confrontation Dusollier/Arestrup tout le long du film, venons-en à celle de la mise en scène de Volker Schlöndorff , visiblement porté par son sujet, qui s’évertue à une magnifique reconstitution de l’hôtel Meurice en 1944, lieu de l’action, et à minutieusement éclairer ses scènes au rythme de la levée d’une aube qui pourrait être fatale. Comme pour "Titanic" dont tout le monde connaît la fin, "Diplomatie" entretient un même suspense jusqu’à l’ultime scène, alors que chacun sait que Paris a été sauvé.
Le hall de l'hôtel Meurice dans la nuit du 24 au 25 août 1944 reconstitué dans "Diplomatie" de Volker Schlöndorff

Le hall de l'hôtel Meurice dans la nuit du 24 au 25 août 1944 reconstitué dans "Diplomatie" de Volker Schlöndorff

© Gaumont Distribution
Sens du récit
Si la rencontre Von Choltitz/Nording sur le sauvetage de Paris relève de l'imaginaire, elle permet de synthétiser le sujet, d'en évoquer les enjeux et d'offrir un formidable duel de comédiens. Le film s’ouvre sur une anecdote exquise qui explique la présence du diplomate dans la suite du Général Von Choltitz pour arriver à ses fins. Cyril Geily, auteur de la pièce et coscénariste, au côté de Volker Schlöndorff, nous absorbe d’emblée dans un récit prometteur. La suite ne sera pas moindre. Alors que la légende veut que Von Choltitz a réfuté l’ordre de Berlin par son amour de la Culture et de la Civilisation, "Diplomatie" met en lumière tout le travail psychologique de Nordling pour lui faire rebrousser chemin.Une approche qui demeure teoutefois plus métaphorique que respectueuse de la vérité historique.

La source théâtrale ne se fait aucunement sentir, hormis dans un texte extrêmement ciselé, servi par deux grands acteurs habités. Le rythme est enlevé, en passant de la suite du général allemand, aux autres parties de l’hôtel et à l’extérieur. Mais il y a surtout cette lumière parfaitement maîtrisée qui fait monter l’adrénaline avant l’échéance toujours hypothétique de la destruction ou non de la capitale. Leçon d’histoire et beau film, "Diplomatie" participe de cette belle rentrée cinématographique en à peine trois mois, et s’offre comme un des meilleurs films sur les écrans, avec de grands noms à l’affiche. Remarquable.