"Brillantissime" : Michèle Laroque réalise une première comédie sans éclat

Par @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 17/01/2018 à 11H47, publié le 17/01/2018 à 09H45
Michèle Laroque devant et derrière la caméra de "Brillantissime"

Michèle Laroque devant et derrière la caméra de "Brillantissime"

© Céline Brachet / Nolita Cinéma

Michèle Laroque tend les bâtons pour se faire battre avec le titre de sa première réalisation, "Brillantissime". Tant il se prête à contredire sa proposition alléchante. Dommage, car la comédienne, au théâtre comme au cinéma, est talentueuse et attachante. On a d’autant plus de mal à faire un constat de ce que l’on souhaite être un accident de parcours.

La note Culturebox

2
2/5

Coucou !

La comédie, sous toutes ses formes, est le premier genre réalisé en France. Et pour cause : il cartonne au box-office. Pour 2018, on nous en promet 90 : en moyenne, cela fait 1,6 comédie par semaine. Principale raison : cela ne coûte pas cher et ça peut rapporter gros. Même si le genre a un fort enracinement cultuturel : Molière, Feydeau, Guitry... On espère qu’elles ne seront pas du niveau de "Brillantissime".
"Brillantissime" : la bande annonce
Pourtant, pour son premier film derrière et devant la caméra, Michèle Laroque a rassemblé un casting 5 étoiles : Kad Merad, Françoise Fabian, Rossy de Palma, Gérard Darmon, Pascal Elbé, Oriane Deschamps, Michaël Young, avec en guest star son complice Pierre Palmade et Marthe Villalonga ou Jean Benguigui. Tous sont compagnons de longue date ou des références professionnelles, et on ne doute pas, amicales. Tous semblent être venus faire Coucou !
Rossy de Palma et Michèle Laroque dans "Brillantissime" de Michèle Laroque

Rossy de Palma et Michèle Laroque dans "Brillantissime" de Michèle Laroque

© Céline Brachet / Nolita Cinéma

Déconnecté

Là où ça pèche, c’est dans le sujet : la crise de la quarantaine chez une femme larguée par son mari avec une ado sur les bras. Merci, on a déjà donné, et on en connaît tous. Du moins arrivé à un certain âge… Mais rassurez-vous, ça arrive avant et après 40 ans. Donc, on peut tous s’y reconnaître. Facile. Ensuite l’écriture : à l’Ouest rien de nouveau. Si deux répliques font rire, c’est bien le diable. Et Gérard Darmon en marchand de 4 saisons, pardon, mais improbable. Il n’est pas le seul dans le cas. La comédie repose aussi sur une part de réalisme, pour justement se moquer de la réalité. Ici, rien n’est crédible, tout est surligné, sinon déconnecté.

La qualité du film réside dans la photographie de Kika Ungaro qui soigne son cadre et la lumière à la perfection, même si tout se passe en plein jour, sans sophistication particulière, mais toujours soignée. Michèle Laroque, de tous les plans, se met particulièrement en valeur. Cela en devient presque narcissique. Elle semble s’être fait plaisir en oubliant son public. Pas grave, mais pas brillant.
"Brillantissime" : l'affiche

"Brillantissime" : l'affiche

© StudioCanal

LA FICHE

Genre : Comédie
Réalisateur : Michèle Laroque
Pays : France
Acteurs :   Michèle Laroque, Kad Merad, Françoise Fabian, Rossy de Palma, Gérard Darmon, Pascal Elbé, Oriane Deschamps, Michaël Young
Durée : 1​h35
Sortie : 17 janvier 2018

Synopsis : Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante ado. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. Le choc ! Angela n’a plus d’autre choix que celui de se reconstruire... et ce n’est pas simple avec une mère tyrannique, une meilleure amie hystérique et un psy aux méthodes expérimentales.