"Black Panther" : le premier super-héros noir crève l'écran

Mis à jour le 13/02/2018 à 10H39, publié le 13/02/2018 à 10H09
Chatwick Boseman, Lupita Nyoong'o et Danai Gurira dans "Black Panther" de Ryan Coogler

Chatwick Boseman, Lupita Nyoong'o et Danai Gurira dans "Black Panther" de Ryan Coogler

© Marvel Films

T’Chala, alias Black Panther, est le premier super-héros noir, créé par Marvel en 1966 sous la plume de Stan Lee et les pinceaux de Jack Kirby. Sa première apparition au cinéma date de "Captain America : Civil War" sur lequel " Black Panther" enchaîne directement. Très attaché à la culture et l’esthétique africaines, le film de Ryan Coogler tranche des films Marvel classiques.

La note Culturebox

4
4/5

Sous-texte politique

"Black Panther", d’abord personnage de la franchise des "4 Fantastiques", a bientôt son titre à part entière en 1977. Son apparition correspond à l'apogée du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis qui aboutira à l’abolissement de la ségrégation raciale en 1970. Personnage emblématique de la culture afro-américaine, son nom est d’ailleurs le même que celui du Black Panthers Party, mouvement de libération révolutionnaire de la cause des noirs, né également en 1966.
"Black Panther" : la bande annonce
Le sous-texte de "Black Panther" est d’autant plus politique. Wakanda est une civilisation africaine cachée, grâce à son invisibilité due à une météorite tombée sur le continent sub-saharien. Celle-ci a développé une hyper-technologie qui symbolise le potentiel créatif longtemps ignoré ou négligé par l’Occident. 
Chadwick Boseman dans "Black Panther" de Ryan Coogler

Chadwick Boseman dans "Black Panther" de Ryan Coogler

© Marvel Studios 2018

Direction artistique

Le film de Ryan Coogler ne passe pas à côté du message, en privilégiant un film d’action de grande classe. Il se démarque par un scénario astucieux qui valorise les luttes intestines du Wakanda, ainsi qu’une vengeance bien amenée. Cette qualité d’écriture, pas toujours probante chez Marvel, se double d'une très belle direction artistique inspirée de motifs africains déclinés dans de magnifiques décors et costumes.  Enfin, la musique de Ludwig Göransson, produite par Kendrick Lamar avec lequel il a collaboré, aboutit à des tonalités très africaines, nourries de percussions puissantes et d’une ampleur orchestrale, très impressionnante et spectaculaire, à l’image du film.
Danai Gurira et Florence Kasumba dans "Black Panther" de Ryan Coogler

Danai Gurira et Florence Kasumba dans "Black Panther" de Ryan Coogler

© Marvel Studios 2018
"Black Panther", tout en référence à l’Afrique, pourrait s’identifier à ce qu’est "Doctor Strange" (2016) par rapport à la mystique asiatique. Cette vision universelle, ouverte sur le monde, n’est pas forcément celle que l’on attend de Marvel, dont l’écurie est souvent assimilée à un patriotisme primaire (Captain America). "Black Panther" ne ressemble guère à ce que l’on trouve d’habitude dans les comics et les films Marvel. Il joue également moins de l’humour, sans doute en raison d’un script plus mature que de coutume, doublé d’une esthétique splendide. "Black Panther" : un des films les plus réussis de la ménagerie Marvel.
"Black Panther" : une des affiches américaines

"Black Panther" : une des affiches américaines

© Marvel Studios

LA FICHE

Genre : Science-fiction
Réalisateur : Ryan Coogler
Pays : Etats-Unis
Acteurs : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong'o, Letitia Wright, Martin Freeman, Daniel Kaluuya, Forest Whitaker, Winston Duke, Angela Basset, Andy Serkis
Durée : ​1h30
Sortie : 14 février 2018

Synopsis : Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine cachée et technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther aux super-pouvoirs et défenseur du Wakanda. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…