"Après mai", le doux et beau regard d'Olivier Assayas sur la jeunesse post 68

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 14/11/2012 à 09H53
Après mai

Après mai

© MK2 Diffusion

Région parisienne, début des années 70. Dans son nouveau film, Olivier Assayas suit un groupe de lycéens entre lutte des classes, amour, choix d'avenir et voyages réels et virtuels initiatiques. Un récit miroir de la propre jeunesse du réalisateur.

De Olivier Assayas (France), avec : Clément Métayer, Lola Creton, Félix Armand, Carole Combes, Hugo Conzelmann - 2h02 - Sortie : 14 novembre

Synopsis : Lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, ils vont devoir faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

https://videos.francetv.fr/video/NI_134093@Culture

L'utopie n'est plus de ce monde. La jeunesse du nouveau millénaire évite la politique, surtout celle qui sort des clous. Elle se refuse à rêver, à réclamer mieux. On est loin de mai 68, d'une certaine adolescence du début des années 70, celle qu'a connu Oliver Assayas. Le cinéaste est resté marqué par cette période de profonds mouvements, d'engagements, de blocs, de désillusions, de liberté, de lutte prolétarienne ou anarchiste.  Dans son deuxième film, en 1994, il évoque pour la première fois cette époque, dans "L'eau froide". Le film parle de cinéma, et ébauche cette jeunesse. Le réalisateur en retire alors un sentiment d'inachevé. Il dit livrer aujourd'hui le prolongement, l'écho du premier film.

Après mai

Après mai

© MK2 Diffusion
Dans un premier temps "Après mai" laisse croire à une photographie très esthétique de la jeunesse post mai 68. La reconstitution est extrêmement précise, des forces de l'ordre qui répriment les manifestations, aux vêtements, en passant par les affiches et autres slogans. Les visages des acteurs (tous plus ou moins débutants) sont beaux, les cheveux longs, presque des échos aux critères de beauté actuels. L'état d'esprit est fidèle. 

Après mai

Après mai

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Cela aurait pu être plus court, mais le long métrage révèle vite une profondeur touchante et sensible. D'abord, par son côté autobiographique. Comme le cinéaste, le personnage principal Gilles (Clément Métayer) est passionné de peinture et de cinéma, il rêve de s'accomplir, d'aller le plus loin possible, hors des conventions bourgeoises de l'art. Il oscille entre radicalité de l'engagement et chemin personnel, intime. Il y a aussi l'amour, les choix d'une vie, dans une époque où tout semble encore possible. Chaque personnage choisit un chemin, et on se demande avec lui s'il n'a rien laissé derrière, ce qu'il deviendra. On se dit aussi, comme Olivier Assayas, que la jeunesse d'aujourd'hui est bien différente...