"Cherchez la Femme" : simple comédie ou pamphlet contre l'intégrisme ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/06/2017 à 20H45, publié le 28/06/2017 à 11H59
Felix Moati (sous le voile) et Camelia Jordana dans "Cherchez la femme", le film de Sou Abadi 

Felix Moati (sous le voile) et Camelia Jordana dans "Cherchez la femme", le film de Sou Abadi 

© Mars Films

"Cherchez la femme", le premier long métrage de la réalisatrice franco-iranienne Sou Abadi sort ce mercredi sur les écrans en France. Une comédie qui assume clairement sa position contre la radicalisation, sans aucune arrière-pensée islamophobe. Toute une galerie de personnages font vivre cette comédie insolente. A l'affiche de ce vaudeville rafraîchissant : Camélia Jordana et Felix Moati.

L'humour permet-il d'aborder tous les sujets d'actualité ? Le premier film de la réalisatrice d'origine iranienne Sou Abadi, répond à cette question sans ménagement : oui c'est possible de rire de l'islamisme radical. "Cherchez la femme" confronte le comique de situation aux idées étroites. 

Reportage : P. Deschamps / N. Hesters / B. Vignais / F/ Menin / N. Montel 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1026999@Culture

Pour la cinéaste née en Iran, méler l'humour et le drame est quasiment génétique. Son père horticulteur et communiste, a connu les geôles iraniennes alors que sa mère enseignante en littérature persane vote à droite. Partie d'Iran avec ses parents quand les mollahs sont arrivés au pouvoir, Sou Abadi connait la force du rire contre l'obscurantisme.
"Cherchez la femme" de Sou Abadi avec William Lebghil et Félix Moati

"Cherchez la femme" de Sou Abadi avec William Lebghil et Félix Moati

© Mars Films
Après quasiment quarante ans de dictature religieuse, les blagues sur les islamistes sont récurrentes dans les soirées branchées de Téhéran.  "Le peuple iranien tient grâce à l’humour et grâce aux blagues. J’ai envie que le public passe un bon moment, qu’il rie, et ensuite, en sortant, qu’il réfléchisse aussi", explique-t-elle à France Info. 
Camélia Jordana, Félix Moati, William Lebghil dans "Cherchez la femme" de Sou Abadi

Camélia Jordana, Félix Moati, William Lebghil dans "Cherchez la femme" de Sou Abadi

© Mars Films

Je ne me moque d'aucune religion dans ce film, je ne me moque que de l'intégrisme

Sou Abadi - Réalisatrice

Céline Pina, ex-élue PS et auteure de nombreux ouvrages sur la question des fondamentalismes, rappelle à cet égard que le film prend tout le monde en considération et qu'il est utile pour engager des discussions. "Si certains sont gênés il faut en parler", assure-t-elle. 

felix moati cherchez la femme © Mars Films

Camélia Jordana incarne dans "Cherchez la femme", une jeune fille parfaitement intégrée dont le grand frère Mahmoud revient métamorphosé d'un séjour au Yemen. "A la sortie de la bande annonce, de nombreuses personnes n'ont pas compris qu'il s'agissait d'une comédie, se souvient la comédienne avant d'ajouter, "J’espère qu’ils vont avoir l’audace d’aller voir le film en salle et ils comprendront qu’à aucun moment c’est un film islamophobe, bien au contraire". 

"Cherchez la femme " : la bande annonce


-> Lire aussi la critique de Jacky Bornet : "Cherchez la femme" : comédie à point sur le fondamentalisme

"Cherchez la femme" Comédie de Sou Abadi (France) Avec : Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil, Anne Alvaro, Miki Manojlovic, Carl Malapa - Durée : 1h28 - Sortie : 28 juin 2017

Synopsis : Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d'un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent…