Cinéma français à l'étranger : un bilan 2018 en chute libre

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 17/01/2019 à 17H39
Hall de cinéma du Shanghai Omnijoi International Cinema, marché du film (2016)

Hall de cinéma du Shanghai Omnijoi International Cinema, marché du film (2016)

© Ren weihong / Imaginechina

Succédant à une très bonne année 2017, le bilan 2018 du cinéma français à l’étranger a baissé de moitié, faute de locomotives comme le "Valérian" de Luc Besson, dans un marché en pleine mutation.

Le nombre de billets vendus pour les films en langue française et les productions majoritairement françaises s'est établi à 40 millions, deux fois moins que l'année précédente (-52%), et les recettes ont elles aussi été divisées par deux à 237 millions d'euros (-51%).
"Le Sens de la fête" : la bande annonce
Conséquence : le cinéma français s'est mieux porté dans l'Hexagone (77 millions de billets vendus) qu'à l'étranger, contrairement aux années précédentes.

Les comédies en tête

En 2018, le plus gros succès de fréquentation à l'étranger est "Taxi 5", avec 2,44 millions de billets vendus, mais le film ayant généré le plus de recettes est "Le Sens de la fête", la comédie sur l'organisation d'un mariage signé d'Olivier Nakache et Eric Toledano, le duo d'"Intouchables". Le film a réalisé 1,67 million d'entrées dans le monde, suivi par "La Ch'tite famille" de Dany Boon, "Belle et Sebastien 3" et "Croc Blanc".

Ces résultats globalement décevants avaient été anticipés par Unifrance, l'organisme chargé de la promotion du cinéma français à l'étranger, a indiqué son président.

La locomotive Besson

"Les films qui tirent la fréquentation vers le haut sont souvent des films Europacorp, réalisés ou produits par Luc Besson", souligne Serge Toubiana. Sans "Lucy", "Taken" ou "Valérian" (30 millions d'entrées dans le monde l'an dernier), des opus de l'escarcelle Besson, "on revient à un chiffre correspondant au socle de fréquentation du cinéma français à l'étranger", dit-il.
Cette configuration a également pesé sur la fréquentation des films français en Asie, qui tombe au 5e rang des zones d'exportation du cinéma français, loin derrière l'Europe occidentale et l'Amérique latine.