Oscars 2018 : #MeToo et le besoin de diversité à Hollywood

Mis à jour le 05/03/2018 à 12H13, publié le 05/03/2018 à 10H02
Oscars 2018 : Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, lancent une vidéo rendant hommage à #MeToo et prônant la diversité à Hollywood.

Oscars 2018 : Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, lancent une vidéo rendant hommage à #MeToo et prônant la diversité à Hollywood.

© KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une vidéo a été diffusée le 4 mars lors de la cérémonie des Oscars pour se remémorer une année particulière, marquée par l'affaire Weinstein, le mouvement #MeToo et plus généralement davantage d'ouverture d'Hollywood aux minorités. Au coeur de cette séquence Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices personnellement concernées.

La séquence a été présentée par Ashley Judd, Salma Hayek et Annabella Sciorra, trois actrices qui ont été harcelées sexuellement et menacées par le producteur Harvey Weinstein, la dernière affirmant même avoir été violée par le magnat déchu.

Du mouvement #MeToo à la diversité à Hollywood

La vidéo s'est ouverte sur une autre actrice harcelée par Harvey Weinstein, Mira Sorvino, qui a expliqué que, depuis l'automne, avec les mouvements #MeToo et Time's Up, "tout le monde a maintenant une voix pour exprimer quelque chose qui se déroule depuis toujours, pas seulement à Hollywood, mais dans toute la société".
Mais le propos s'est rapidement élargi à l'ensemble des films qui ont ouvert de nouvelles voies à Hollywood depuis l'an dernier, de "The Big Sick", dont le héros est d'origine pakistanaise, à "Black Panther", premier film Marvel dédié à un super-héros noir, en passant par "Lady Bird", réalisé par une femme, Greta Gerwig.

"Certains de mes films préférés sont faits par des gars blancs sur des gars blancs", a expliqué, dans la vidéo, Kumail Nanjiani, héros de "The Big Sick" et co-scénariste du film.
"Aujourd'hui, des types blancs peuvent voir des films avec moi à l'affiche et se sentir touchés", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas si difficile, c'est ce que j'ai fait toute ma vie."

Oscars vs NRA

"Les changements auxquels nous assistons sont entraînés par le son puissant de nouvelles voix, de voix différentes, de nos voix", a lancé Ashley Judd. Cette manifestation de solidarité et d'ouverture n'a pas été du tout du goût du principal lobby des armes aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA). Habituellement silencieuse lors de ces cérémonies de récompenses, la NRA s'est fendue d'une série de tweets agressifs, cherchant à faire le lien entre la question des armes et les Oscars, bien que le sujet n'ait pas été évoqué verbalement une seule fois lors de la soirée.

La NRA critiquait la position de beaucoup à Hollywood généralement favorables à un contrôle renforcé des ventes d'armes. "Les célébrités d'Hollywood (...) ont toutes des gardes armés (...) mais nos enfants n'y ont pas droit? Expliquez-moi ça", déclare notamment, dans une interview vidéo postée sur Twitter, Dan Bongino, présenté comme un ancien agent secret par la chaîne de la NRA, NRATV, avec le mot-clé #Oscars.