Avec son film "La Villa", Robert Guédiguian plaide la cause des réfugiés

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/12/2017 à 18H23, publié le 24/11/2017 à 17H05
Robert Guédiguian, "La Villa"

Robert Guédiguian, "La Villa"

© AGAT FILMS & CIE / France 3 CINEMA

Si "La Villa" est une manière pour le cinéaste marseillais de renouer avec le huis clos, c'est aussi un véritable plaidoyer pour la condition des réfugiés en Europe. Le film a été tourné dans une petite calanque de la Côte bleue et sort en salles le 29 novembre.

"Le film est né du désir de transformer cette calanque, Méjean, en studio de cinéma", explique le réalisateur, qui connaît le décor par coeur et a voulu tourner en hiver, une fois les touristes et les cabanoniers partis. "Il y a ce vide, il n'y a presque personne et il y a la beauté du lieu", dit-il de sa calanque aux courbes étroites fouettées par la grande Bleue. "Je me souviens avoir dit à mon scénariste: on va écrire une histoire qui sera l'hiver à Méjean, forcément triste et belle", confie-t-il. 

Reportage : M. Berrurier / F. Menin / G. Sabin / S. Richardson

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Pour "La Villa", son 20e film, qui sort mercredi 29 novembre dans les salles, toute la fidèle équipe de Guédiguian a investi la calanque pendant les deux mois de tournage, élu domicile dans 25 cabanons et transformé le petit restaurant "Mange-tout" en cantine et en décor. "On tournait quand on voulait, on pouvait respecter les lumières, le jour qui se lève, les nuits, les couchers de soleil". 

Huis clos et influence du théâtre de Tchekhov

A l'instar de "Marius et Jeannette", dans une petite cour de L'Estaque, Guédiguian renoue ici avec le huis clos sous l'influence du théâtre de Tchekhov, son "maître". "J'ai toujours pensé qu'on raconte le monde entier dans un huis clos, tous les villages cristallisent tous les problèmes du monde, le monde entier est partout", estime-t-il. Or, au cinéma, "c'est beaucoup plus clair, beaucoup plus lisible et beaucoup plus efficace". Loin du brouhaha de Marseille, à une quinzaine de kilomètres de là, seuls le clapotis de l'eau et le vent dans les pins troublent les retrouvailles d'une fratrie déchirée par les années et les malentendus. 
 
Ariane Ascaride, l'épouse de Guédiguian dans la vie, incarne une actrice parisienne retrouvant ses deux frères, joués par Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin. Leur père, victime d'une attaque, est réduit au silence au creux de son fauteuil. "Ils reviennent sur le lieu de leurs origines, à l'endroit où tout a commencé pour eux. Ils sont nés là, ils ont grandi là mais le temps a passé, le monde a changé", explique le cinéaste.

 

Plaidoyer pour la cause des réfugiés

Là, dans la villa de leur père, qui surplombe la mer et scrute l'horizon, les trois personnages principaux vont trouver "une cause qui dépasse leur propre vie, une cause universelle": ils trouvent dans la colline, perdus dans la garrigue, trois enfants "qui leur ressemblent étrangement", trois orphelins "de l'autre bout du monde et qui vont probablement les remettre en marche". 
 
"C'est immense, le rapport entre eux et ces trois enfants", s'enhardit Guédiguian, "ce me semble être l'attitude, de manière métaphorique, que devrait avoir l'Occident en général" vis-à-vis des réfugiés.

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