Arrestation du syrien Orwa Nyrabia : le monde du cinéma se mobilise

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 30/08/2012 à 17H15
Orwa Nyrabia, lors du Festival du film de Sarajevo le 14 juillet dernier

Orwa Nyrabia, lors du Festival du film de Sarajevo le 14 juillet dernier

© ELVIS BARUKCIC / AFP

Cinéaste syrien de 35 ans, Orwa Nyrabia a été arrêté il y a une semaine par le régime de Bachar-El-Assad. Ses proches, sans nouvelle depuis, et le monde du cinéma se mobilisent pour demander sa libération.

Le jeudi 23 août, Orwa Nyrabia disparait à l’aéroport international de Damas alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Le Caire. Aussitôt les militants anti-régime des Comités locaux de coordination (LCC) dénoncent son arrestation par les autorités syriennes.

Orwa Nyrabia, ancien éditorialiste de presse, a co-fondé une société indépendante de production de films et de documentaires ainsi que Dox Box, un festival du documentaire en Syrie dont la dernière édition en mars a été annulée pour protester contre les violences meurtrières dans le pays.

Egalement acteur, il a joué dans "La porte du soleil", un film de l'Egyptien Yousri Nasrallah, retenu en sélection officielle au festival de Cannes en 2004.

Orwa  Nyrabia , qui a fait des études de production à la Sorbonne en France, a été membre de jury dans plusieurs festivals au Moyen-Orient et en Europe dont ceux d’Amsterdam, de Téhéran et de Copenhague.

"Orwa est un jeune esprit vif de l'industrie cinématographique de la Syrie", a déclaré à l'AFP le cinéaste égyptien indépendant Waël Omar joint au Caire. Waël Omar a précisé avoir rencontré Orwa Nyrabia  en novembre à l'occasion du festival du documentaire d'Amsterdam. "Je lui ai dit combien j'étais étonné qu'il n'ait pas encore été arrêté", a-t-il affirmé. "Il m'a dit : Je ne pense pas que les autorités pensent que je suis une menace".

Plus de 140 cinéastes réclament sa libération immédiate

Selon les proches du cinéaste, contactés par le journal Le Monde dans son édition du 31 août, Owra Nyrabia a été arrêté avec un autre acteur syrien, "pour avoir aidé des compatriotes ayant perdu leur emploi et leur habitation dans la répression du gouvernement."

Après plus d’une semaine de détention sans nouvelle, la Société des réalisateurs de films (SRF) a lancé une pétition pour réclamer « sa libération immédiate », déjà signée par plus de 140 cinéastes dont Mathieu Amalric, Costa Gavras, Wes Anderson et Jet Li.

« Orwa est un jeune artiste dont la démarche et les convictions ne se marient en aucune manière avec la violence et la répression. », explique la pétition.

Image d'illustration de la pétition lancée par la SRF

Image d'illustration de la pétition lancée par la SRF

© DR
Ossa Mohammed, son oncle et cinéaste également, souligne en outre dans une lettre ouverte la vague d’arrestations effectuée ces jours ci par le régime syrien dans le milieu artistique : " le journaliste Mazen Darwich, le militant pour la paix Yehia al-Chorbajji, le comédien Osso, le metteur en scène de théâtre Cordello, l’écrivain Zirai." Auxquels s’ajoutent maintenant Orwa Nyrabia.

Les soutiens se multiplient

Lundi 27 août, le ministère des Affaires étrangères s'était aussi ému de la "disparition inexpliquée de Orwa Nyrabia , célèbre producteur de cinéma syrien. La France partage l'inquiétude de sa famille et les assure de son soutien le plus sincère. Elle souhaite que son retour auprès de ses proches soit le plus rapide possible."

La direction du festival du film de Toronto (Tiff), plus grande fête du cinéma en Amérique du Nord, a fait savoir jeudi 30 août qu'elle était "extrêmement préoccupée" par la disparition en Syrie du cinéaste Orwa Nyrabia, probablement en raison de son arrestation.

"Nyrabia appartient à la génération émergente de réalisateurs passionnés par le monde du cinéma et par la liberté. Nous sommes extrêmement inquiets d'apprendre son arrestation: les réalisateurs doivent pouvoir s'exprimer au travers de leurs films sans craindre de représailles", écrit le Tiff dans un communiqué.