"Les Mondes de Ralph": un Disney de Noël festif

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 05/12/2012 à 10H47
"Les Mondes de Ralph" de Rich Moore : Ralph à une réunion des méchants anonymes

"Les Mondes de Ralph" de Rich Moore : Ralph à une réunion des méchants anonymes

© The Walt Disney Company France

Une tradition bien installée depuis des lustres: le Disney de Noël ! Cette année, c'est "Les Mondes de Ralph", film d'animation réalisé en numérique et en 3D, mais hors des studios Pixar qui, d'habitude, s'y collent. Un film situé dans le monde virtuel des jeux vidéos, dont on découvre la face cachée : original et amusant, à partir de 3 ans.

Film d'animation de Rich Moore - 1h41 - Sortie : 5 décembre

Synopsis : Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous… Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous… Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser… et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d’arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu’il peut devenir un héros… Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?

Film d'animation de Rich Moore (Etats-Unis) - 1h41 - Sortie : 5 décembre   Lire la critique

La vie cachée des jeux vidéo
« Toy Story » racontait les affres vécus par les jouets d’un petit garçon, en révélant leur vie insoupçonnée. « Les Mondes de Ralph » fonctionne sur un postulat un peu similaire, puisqu’il nous fait découvrir que les personnages des jeux vidéo ont eux aussi une vie propre et qu’il s’en passe de belles dans un monde que l’on croyait jusqu’ici uniquement virtuel.

Le scénario repose sur une bonne idée de départ, puisque Ralph en a assez de jouer les « bad guys » destructeurs, haï des protagonistes du jeu dans lequel il sévit, maltraité et en mal de reconnaissance. Son passage chez « les méchants anonymes » où il confesse ses angoisses et frustrations comme les alcooliques chez « les alcooliques anonymes », constitue un excellent gag inaugural, hors des mièvreries convenues. La suite part sur de bonnes bases, originales et diversifiées, puisque Ralph s’échappe de son jeu pour en pirater trois autres, autant de mondes différents, tant dans leur nature, que leur graphisme, ce qui dynamise l’intrigue et le plaisir visuel.

https://videos.francetv.fr/video/NI_134575@Culture

 

Politique esthétique
Le choix de situer l’action dans l’univers des jeux vidéo, permet à Disney de détourner les textures très artificielles des personnages animés en numérique, puisqu’il ne s’agit pas de figures humaines. Le précepte était déjà celui qui avait guidé Pixar pour « Toy Story » - premier long métrage d’animation réalisé entièrement en numérique -, les protagonistes étant des jouets. Un adage que n’a pas retenu Dreamwork (« Les cinq légendes ») ou Universal (« Moi, moche et méchant ») qui voient leur principale lacune esthétique dans le manque de texture de leurs personnages humains. Disney est de plus cohérent avec l’inventivité du studio, puisque « Ralph » se situe dans l’univers des jeux vidéo, comme « Tron », l’humour prenant le relais de l’action de science-fiction.

"Les Mondes de Ralph" de  Rich Moore

"Les Mondes de Ralph" de Rich Moore

© The Walt Disney Company France

Cette politique disneyenne se retrouve dans « Monstres et compagnie », puisqu’il y est question de créatures fantastiques, dans « Cars » (automobiles), dans « Le monde de Némo » (poissons), dans « Wall. E » (robots)… L’esthétique numérique est donc d’autant plus en phase avec l’univers des films. Pour « Les mondes de Ralph », elle fonctionne à plein régime, les quatre univers que traverse le personnage étant de nature numérique. Le coup de force est d’avoir réussi leur diversité graphique, reflet progrès technologies dont chacun des jeux a bénéficiés, source également de gags savoureux. Hormis une petite baisse de régime dans le développement de la seconde partie du film, « Les Mondes de Ralph » s’avère un bon Disney, au scénario inventif, servi par des images qui, parfois, frisent un surréalisme délirant (le monde de sucrerie), avec à la clé un discours sur la différence dénué de sirop et accessible aux tout petits.