"Ernest et Célestine", le film français prétendant aux Oscars

Mis à jour le 16/01/2014 à 18H45, publié le 16/01/2014 à 18H42
"Ernest et Célestine" de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier.

"Ernest et Célestine" de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier.

© Studio Canal

"Ernest et Célestine" est en course pour les Oscars dans la catégorie du "Meilleur film d'animation". Sortie en France en décembre 2012, cette adorable histoire d'amitié entre une petite souris anti-conformiste et un ours solitaire que tout sépare, a déjà reçu le César du Meilleur film d'animation. Aux Etats-Unis, où le film sortira en mars, il n'est pas passé inaperçu chez les professionnels.

Les histoires tendres de l'ours Ernest et de la souris Célestine croquées en délicates aquarelles en une vingtaine d'albums par la Belge Gabrielle Vincent dans les années 80, ont trouvé une seconde vie au cinéma grâce au romancier Daniel Pennac et à un trio de passionnés, Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier. 
 
En France,le film, toujours distribué, approche le million d'entrées. Aux Etats-Unis, sa version américaine doit être projetée vendredi pour la première fois au Festival du cinéma indépendant de Sundance, avant une sortie sur les écrans prévue en mars.
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Déjà repéré aux Etats-Unis
Mais outre-Atlantique, les professionnels ont déjà craqué pour "Ernest et Célestine" qui a reçu le 9 décembre le prix du Meilleur film d'animation par l'Association des Critiques de Films de Los Angeles (LAFCA).

Les Annie Awards, spécialisés dans le cinéma d'animatio,  et qui seront remis le 1er février à Los Angeles, ont nominé le dessin animé dans 6 catégories (Meilleur film, Meilleurs réalisateurs, Meilleur scénario, ainsi que Meilleure animation, Meilleur graphisme et Meilleur montage), ce qui n'est pas si courant pour un film indépendant. 

Le film est également nominé aux Satellite Awards, qui seront remis le 23 février à Los Angeles, dans la catégorie Meilleur film d’animation.
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Quatre ans de travail
Le film est né de l'envie de Didier Brunner, producteur des "Triplettes de Belleville" (2003), également emblématique de la créativité du cinéma d'animation français. Sa société de production, "Les armateurs", décroche avec "Ernest et Célestine" sa quatrième nomination aux Oscars.

Son jeune réalisateur-animateur Benjamin Renner, tout juste sorti de l'école d'animation de la Poudrière, a travaillé 4 ans sur le projet, épaulé par les Belges Vincent Patar et Stéphane Aubier. Habituellement conçus à l'ordinateur, les décors ont été réalisés à l'aquarelle pour "coller" à la tonalité tendre et poétiques des dessins originaux.
   
Présenté à Cannes dans la Quinzaine des Réalisateurs en 2012, ce film franco-belgo-luxembourgeois raconte la rencontre initiale du gros ours et de la petite souris, "avant" les albums, en quelque sorte.
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Une délicieuse fable pour petits et grands
Dans un monde conventionnel, le plus gros mangerait la plus petite, mais là il n'en est rien, et c'est la naissance d'une tendre amitié entre ces deux animaux anti-conformistes - elle est une petite souris vive et rebelle qui ne veut pas suivre la voie toute tracée qui lui est imposée à l'orphelinat et lui un ours marginal, poète et solitaire. Une histoire qui parle en filigrane de la peur de l'autre liée aux préjugés.
   
"On s'est dit que le petit bonheur d'Ernest et Célestine était un univers paradisiaque et qu'on allait construire un petit enfer autour, dont ils allaient s'échapper pour se rencontrer", explique Daniel Pennac.
   
Cette fable philosophique s'adresse avec une bonne dose d'humour aussi bien aux enfants qu'à leurs parents.