Alain Delon : "Je ne veux pas faire le film de trop"

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/09/2018 à 20H06, publié le 21/09/2018 à 20H04
L'acteur Alain Delon lors d'une émission télévisée italienne en mars 2018.

L'acteur Alain Delon lors d'une émission télévisée italienne en mars 2018.

© Nicola Marfisi/AGF/SIPA

La star Alain Delon, 82 ans, confirme son intention d'arrêter le cinéma pour "ne pas faire le film de trop", dans une interview donnée au "Monde", regrettant de ne pas avoir "fait un film sous la direction d'une femme".

"Je ne veux pas faire le combat de trop. J'ai une carrière tellement exceptionnelle que je ne veux pas faire le film de trop", réaffirme dans ce long entretien l'acteur mythique, qui a tourné plus de 80 films, dirigé par les plus grands réalisateurs (Melville, Visconti, Losey, Antonioni...).
 
"Les cinéastes avec qui je pourrais tourner sont morts", ajoute-t-il. "Je vous jure, aujourd'hui, je ne vois pas qui pourrait me faire faire un film. Ou alors il faut me présenter une histoire à crever".

L'acteur, qui a marqué notamment par ses interprétations dans "Rocco et ses frères" et "Le Guépard" de Luchino Visconti, confirme cependant avoir "l'intention, avant de partir, de jouer dans une pièce qui s'intitule "Le Crépuscule d'un fauve", de Jeanne Fontaine". "J'attends d'être rétabli physiquement. J'espère faire cela très vite", précise-t-il.

"Ce sont les femmes qui me veulent, me font, me donnent tout"

Interrogé sur ses regrets, Alain Delon souligne qu'"il il y a une seule chose" qui "lui a manqué et lui manquera toujours" : "faire un film sous la direction d'une femme".

"Ce sont elles qui me font faire du cinéma. Ce sont les femmes qui me veulent, me font, me donnent tout, des femmes tombées amoureuses de moi."

Alain Delon
"Vous vous rendez compte, ça ne m'est jamais arrivé", poursuit la star. "Il y a Lisa Azuelos, Maïwenn, je l'ai dit à tout le monde, personne n'a bougé". Revenant sur sa carrière, l'acteur mythique explique être "tombé dans ce métier grâce à des femmes".
 
"Ce sont elles qui me font faire du cinéma. Ce sont les femmes qui me veulent, me font, me donnent tout, des femmes tombées amoureuses de moi. Elles ont, minimum, six ou sept ans de plus que moi. Je veux voir alors dans les yeux de ces femmes que je suis le plus beau, le plus grand, le plus fort, et c'est pour ça que je deviens acteur".

A son retour de la guerre d'Indochine, en 1956, Alain Delon dit avoir été "un voyou". "J'ai des femmes dans un certain quartier de Paris, et je dois devenir un maquereau. Mais, comme j'ai aussi des femmes dans un autre quartier de Paris, je deviens une star".
 
Pour l'acteur, "sa carrière n'a rien à voir avec le métier de comédien". "C'est la différence essentielle - et il n'y a rien de péjoratif ici - entre Belmondo et Delon. Je suis un acteur, Jean-Paul est un comédien", dit-il. "Un comédien joue, il passe des années à apprendre, alors que l'acteur vit. Moi, j'ai toujours vécu mes rôles. Je n'ai jamais joué".