"Abus de faiblesse" : Breillat réplique à Rocancourt

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/02/2014 à 16H21, publié le 11/02/2014 à 15H18
Christophe Rocancourt et Catherine Breillat

Christophe Rocancourt et Catherine Breillat

© COMBE CYRIL/NIVIERE/SIPA

La réalisatrice Catherine Breillat a répliqué jeudi à la plainte annoncée par Christophe Rocancourt contre son film "Abus de faiblesse", inspiré de leur histoire, et a annoncé à son tour une procédure judiciaire contre "l'escroc des stars"

Deux plaintes croisées

"Nous allons engager une action au fond contre ce film", avait fait savoir mercredi l'avocat de Christophe Rocancourt, Me Marcel Ceccaldi.
Surnommé "l'escroc des stars", Christophe Rocancourt a été condamné en février 2012 à 16 mois de prison dont huit mois ferme et 578.000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice. Il a déjà purgé cinq ans de prison aux Etats-Unis pour avoir escroqué le tout-Hollywood sous divers pseudonymes.
"C'est comme s'il était condamné à perpétuité à être le symbole de l'escroc. C'est une atteinte intolérable à ce qui constitue sa personne même", a dénoncé l'avocat de l'escroc, Me Marcel Ceccaldi, visant le film.

La réalisatrice Catherine Breillat, qui annonce à son tour une procédure judiciaire, "s'étonne que de telles déclarations aient pu être formulées avant même que Monsieur Rocancourt n'ait pu prendre connaissance du film (...) et relève qu'elles ont été diffusées la veille même" de sa sortie, écrit jeudi dans un communiqué son avocat, Me Bruno Ryterband.
"Abus de faiblesse" : la bande-annonce

Une plainte pour "organisation frauduleuse d'insolvabilité" contre Rocancourt

La réalisatrice "y voit une manoeuvre destinée à perturber cette sortie et une tentative de dénaturation de la réalité des faits dont elle a été victime et qui ont fait l'objet d'une décision définitive", ajoute l'avocat de Catherine Breillat.
 
"L'obligation d'indemniser sa victime (...) ne semble pas impressionner Monsieur Rocancourt", affirme aussi Me Ryterband, qui souligne les "sommes quasiment insignifiantes" versées à la réalisatrice à ce jour.L'avocat annonce donc une plainte pour "organisation frauduleuse d'insolvabilité" contre Christophe Rocancourt.

"Monsieur Rocancourt est par ailleurs bien malvenu à prétendre qu'il aurait été porté atteinte à sa vie privée alors qu'il vient de publier, sous le titre +Je plaide coupable+ un ouvrage dans lequel il met en scène lui-même sa propre vie privée et porte atteinte à celle de Madame Breillat", indique aussi Me Ryterband, qui précise que plusieurs plaintes ont également été déposées à ce sujet.
 
Catherine Breillat (2012)

Catherine Breillat (2012)

© SOLAL/SIPA

Une oeuvre de fiction basée sur une vraie rencontre

Le film "Abus de faiblesse", que la réalisatrice présente comme une oeuvre de fiction et non un "exutoire", fut d'abord un roman et aujourd'hui un film, avec Isabelle Huppert et le rappeur Kool Shen. Catherine Breillat y retrace sa rencontre en 2007 avec Christophe Rocancourt.
La réalisatrice, victime d'un accident vasculaire cérébral deux ans plus tôt, lui propose un rôle dans un projet de film, "Bad Love", qu'elle doit tourner avec Naomi Campbell. Elle lui confie également l'écriture d'un scénario intitulé "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt".
A la signature de ce dernier contrat, elle lui remet 25.000 euros. Suivent, en l'espace d'un an et demi, douze autres chèques d'un montant total de 703.000 euros.
Catherine Breillat a fini par l'accuser d'avoir profité de son état. Christophe Rocancourt a été condamné en février 2012 à 16 mois de prison dont huit ferme, ainsi qu'à 578.000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice.
Me Ceccaldi a par ailleurs indiqué qu'il "étudiait la possibilité de saisir la commission de révision" à propos de la condamnation de son client, à la lumière de récentes déclarations de Mme Breillat à l'occasion de la sortie du film, "qui éclairent d'un jour nouveau ses poursuites, la nature de leur relation et le cadre dans lequel elle a été amenée à lui avancer ces sommes".
"Je n'ose pas dire que Mme Breillat n'a pas tout perdu (mais) ses relations avec Christophe Rocancourt lui auront permis d'écrire un livre et de faire un film", a dit l'avocat.