"9 mois ferme" : Kiberlain et Dupontel abracadabrantesques

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/10/2013 à 16H11, publié le 14/10/2013 à 08H25
Albert Dupontel et Sandrine Kiberlain, le malfrat et la juge 

Albert Dupontel et Sandrine Kiberlain, le malfrat et la juge 

© Jérôme Prébois

Quatre ans après « Vilain », Albert Dupontel revient devant et derrière la caméra avec « 9 mois ferme » qui sort en salles le 16 octobre. Une comédie drôle, bien rythmée où il offre à Sandrine Kiberlain une belle occasion de déployer toute sa fantaisie.

De Albert Dupontel (France) avec : Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Philippe Uchan, Christian Hecq, Bouli Lanners, Philippe Duquesne – 1h22 – Sortie le 18 septembre 2013
 
Synopsis : Ariane Felder est une jeune juge réputée pour son intelligence mais aussi pour son caractère strict. Célibataire endurcie et peu porter sur la fantaisie, elle ne fait aucune confiance au genre masculin. Malgré tout, un soir de Réveillon du nouvel an, elle boit plus que de coutume au point de ne garder aucun souvenir de la soirée. Quelques temps plus tard, elle découvre qu’elle est enceinte. Des tests de paternité vont lui révéler que Bob Nolan est le géniteur. Le hic, c’est que l’homme est un dangereux criminel, qui plus est « globophage » ! Mais qui se cache vraiment derrière le portrait de celui que les médias présentent comme un monstre sanguinaire ?
bande annonce 9 mois ferme
Dérapages contrôlés
Albert Dupontel explique que l’idée de ce film est née après avoir vu le documentaire de Raymond Depardon, « 10e chambre - Instants d'audience » . Difficile d’imaginer une ambiance de comédie avec un thème pareil. Pourtant chez Dupontel, on rit beaucoup avec la justice. Comme d’habitude, le cinéaste se permet tout, mais ses sorties de route sont contrôlées.

Le comique naît du caractère très contrasté des personnages, propice à créer des situations explosives. A ce jeu là, Sandrine Kiberlain se révèle d'un comique achevé, même si elle a déjà joué dans des comédies. Elle est excellente en magistrate psycho-rigide dans son travail, dont la vie va exploser après une nuit d’ivresse qui l'a prise par derrière. Derrière une blondeur qu’on croit discrète ou hautaine, Sandrine Kiberlain offre une belle palette de jeu en étant tour à tour autoritaire, hystérique, fragile, émue.
sandrine kiberlain © Jérôme Prébois
Quant à Dupontel, il devient touchant dans son rôle de cambrioleur multirécidiviste accusé d’avoir mangé les globes oculaires d’un vieux monsieur (sic). On croit trouver un gros dur, on est face à un personnage émotif « qui perd ses moyens quand on lui crie dessus ». Leur duo fonctionne parfaitement et offre aussi par moment une émotion inattendue qui ne tombe jamais dans le pathos.
Dupontel 9 mois © Jérôme Prébois
Idées de mise en scène
Dupontel soigne sa mise en scène, réalisant un film très rythmé, sans longueur aucune. Les dialogues sont précis, bien écrits. La mécanique fonctionne. Le cinéaste conçoit des cadrages étonnants qui accentuent le burlesque des situations. Comme dans chacun de ses films, il se paie une bonne rasade d’hémoglobine, ce qui ne fait pas de mal. On pourrait trouver cela lourd, mais au final, l'humour prend le dessus. Comme lors de la scène où Bob (Dupontel) imagine les différentes thèses "possibles" de l’assassinat du vieux monsieur. Dupontel sait s’arrêter au bon moment dans ce délire qui malgré tout fait du bien en cette époque d’humour policé.

© Jérôme Prébois
Le film vaut aussi pour les excellents seconds rôles qui offrent une galerie de personnages, en apparence normaux mais qui dérapent très vite : Nicolas Marié en avocat bègue et consternant de nullité (Marié a joué dans tous les films de son ami Dupontel), mais aussi Philippe Uchan, ou encore Christian Hecq, en lieutenant zélé mais un brin inquiétant. Et enfin, Jean Dujardin, très drôle en traducteur pour les sourds de bulletins d’informations hyper anxiogènes.

Tout ce petit monde bien orchestré dégage une folie joyeuse, une irrévérence qui fait du bien et fait  de « 9 mois ferme » une des meilleures comédies de l’année, et peut-être le meilleur de Dupontel. Hilarant.