Un strabisme pourrait être à l'origine du génie de Léonard de Vinci

Publié le 22/10/2018 à 18H16
Léonard de Vinci : autoportrait présumé (détail)

Léonard de Vinci : autoportrait présumé (détail)

© Leemage

Léonard de Vinci pourrait avoir été atteint d’un strabisme qui aurait pu augmenter son champ de vision et la perception de la profondeur, contribuant ainsi à son sens de la perspective, selon une étude britannique.

L'étude dirigée par Christopher Tyler, de la City University de Londres, a porté sur six portraits et autoportraits réalisés ou représentant le maître italien de la Renaissance, deux peintures, deux sculptures, et deux dessins.

Vision monoculaire

Le chercheur a mis en évidence que les yeux des personnages visibles dans ces œuvres présentaient "un angle de strabisme divergent", notamment dans le tableau "Salvator Mundi", le "Saint Jean Baptiste" ou encore le célèbre dessin de l"Homme de Vitruve" étudiant les proportions du corps humain.
Léonard de Vinci : "Saint Jean Baptiste"

Léonard de Vinci : "Saint Jean Baptiste"

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Ces indices "laissent penser que Léonard de Vinci avait un strabisme divergent intermittent, et la capacité de passer en vision monoculaire", écrit Christopher Tyler dans cette étude publiée en ligne par la revue médicale JAMA Ophtalmology.

Les personnes présentant un strabisme ont souvent une vision monoculaire plutôt que binoculaire : les deux yeux sont utilisés séparément, ce qui peut avoir pour effet d'augmenter le champ de vision et la perception de la profondeur.

Un strabisme divergent, "en particulier s'il était intermittent, peut avoir contribué à la capacité exceptionnelle de Léonard de Vinci de rendre le relief sur une toile", souligne le chercheur.
Léonard de Vinci : "L'Homme de Vitruve" (détail)

Léonard de Vinci : "L'Homme de Vitruve" (détail)

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Commode pour un peintre

Ce trouble de la vision "explique peut-être la grande facilité (de Léonard de Vinci) à représenter des objets et des visages en trois dimensions", ou à présenter des paysages montagneux à l'arrière-plan de ses compositions, selon l'étude.

Le strabisme peut s'avérer "commode pour un peintre, car voir le monde avec un seul œil permet des comparaisons directes avec l'image à plat, dessinée ou peinte", estime Christopher Tyler, qui cite des études selon lesquelles d'autres peintres de renom comme Rembrandt, Dürer, Degas ou Picasso, en souffraient également.