Rencontre avec les VLP, pionniers du street art en France

Par @Culturebox
Mis à jour le 16/08/2017 à 17H48, publié le 16/08/2017 à 15H51
Performance des VLP, duo pionnier du street-art, pour la Nuit Blanche au Musée du street-art Art 42. 

Performance des VLP, duo pionnier du street-art, pour la Nuit Blanche au Musée du street-art Art 42. 

© Capture d'écran Jim Gabaret et Samuel Boujnah

Ils sont passés de l'ombre à la lumière, des catacombes aux façades de Paris : les VLP, l'un des collectifs pionniers dans le street art né au début des années 80, dans les souterrains de la capitale. Le groupe s'est fait comme spécialité de peindre ensemble et surtout pendant les concerts. A l'occasion de leur rétrospective à la Baule, les VLP reviennent sur 35 ans de street art.

Le mouvement street art se développe en France à partir de mai 68 avec ses revendications de liberté exprimées dans la rue. L'espace public devient le lieu privilégié pour exposer ses convictions jusqu'à devenir une discipline à part entière. Mais jusqu'aux années 1980, le street art n'en est qu'à ses balbutiements et peine à se faire reconnaitre.

Les artistes sont peu nombreux mais très soudés, en témoignent les nombreuses expositions collectives qui sont réalisées à cet période. A côté des pionniers comme Jérôme Mesnager, Blek le rat ou Epsylon Point, on retrouve le duo VLP (Vive la peinture), composé par Michel Espagnon (formé aux Beaux-Arts de Paris) et Jean Gabaret (de la Faculté d'art plastiques de Paris). Une retrospective à La Baule leur a été consacrée. 

Reportage France 3 Pays de la Loire C. François / F. Grunchec / C. Person

https://videos.francetv.fr/video/NI_1056375@Culture

VLP, entre graff et punk

Trois lettres pour désigner l'un des collectifs de graffeurs les plus connus de France.L'aventure Vive La Peinture débute à l'abri des regards, dans les catacombes de Paris. Michel et Jean peignent et repeignent ces lieux secrets, sur des musiques punk. 
L'exposition des VLP à La Baule

L'exposition des VLP à La Baule

© France 3 / Culturebox
Eux qui travaillent "au feeling", le font souvent en groupe. Mais surtout, en musique. Jean Gabaret se souvient des débuts, "de leurs participations à des fêtes et des festivals jusqu'aux invitations dans de grandes salles de concerts comme le Grand Rex, pour peindre en même temps que les groupes jouaient."

On travaille avec le modèle du groupe de rock. C'est le rythme de la basse qui me stimule pour peindre, c'est comme si nos pinceaux étaient des guitares électriques. En fait, on a branché nos pinceaux.

Jean Gabaret, Vive la peinture

Le personnage de "Zuman", l'humaniste

Les toiles de VLP se font à quatre mains. Parfois à six lorsque Zuman intervient. Ce personnage est né avec le passage au nouveau millénaire. Le duo avait alors reçu de nombreuses photographies d'internautes qui ont donné vie à cette figure. Car Zuman incarne l'esprit VLP : anti-héros mais parfaitement humain, il se pose des questions sur sa place dans la société et sur la condition de l'artiste. 
Michel, Zuman et Jean, les VLP au complet.

Michel, Zuman et Jean, les VLP au complet.

© France 3 / Culturebox
Zuman s'affiche d'abord sur les murs des villes, accompagné d'une phrase politique ou poétique. En 2005, il devient "Zuman Kojito". Une bulle type bande dessinée vient exprimer ses doutes. Mais surtout, le personnage cherche à interpeller les passants. 

VLP a beaucoup évolué depuis ses débuts. Le duo participe maintenant à plusieurs expositions. Il reçoit aussi quelques commandes pour rhabiller les façades des villes. C'est comme ça qu'en juin 2016, les VLP ont réalisé une fresque murale de 15m de hauteur en face du Centre Pompidou à Paris. Un clin d'oeil, comme si cette discipline qui n'aimait pas la discipline commençait à s'institutionnaliser.