"Merci Simone" : des street artistes rendent hommage à Simone Veil

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/06/2018 à 17H00, publié le 29/06/2018 à 16H53
Eléonore et Juliette, du collectif "Merci Simone", devant une affiche de Simone Veil à Paris

Eléonore et Juliette, du collectif "Merci Simone", devant une affiche de Simone Veil à Paris

© Thomas Samson / AFP

"Merci Simone". Depuis la mort de Simone Veil, un collectif de street artistes lui rend hommage en collant sur les murs de Paris des affiches à son effigie pour faire vivre "ses combats", dans la rue et sur les réseaux sociaux.

Jeudi soir, trois jours avant l'entrée au Panthéon de Simone Veil, deux jeunes femmes, brosse à la main, s'activaient à tapisser un mur sur les quais de Seine.
 
"On est en train de recoller sur une ancienne affiche qui a été dégradée", explique Julia Pietri, co-fondatrice de "Merci Simone". Le poster jaune est déchiré, et sur le front de la rescapée des camps, une croix gammée a été dessinée.
 
C'est peu après son décès, il y a un an, que Julia, Eléonore et Duy-Thien, trentenaires parisiens, ont créé le visue : le slogan "Merci Simone" surmonté du visage de la célèbre femme politique. Regard bienveillant, "Simone" semble veiller sur Paris.
L'affiche du collectif "Merci Simone"

L'affiche du collectif "Merci Simone"

Les affiches étaient souvent arrachées, ils les réparent

C'est en voyant que leurs affiches étaient souvent arrachées "ou taguées avec des propos antisémites ou encore anti-IVG, qu'on a décidé de continuer", explique Julia. "On pensait qu'aujourd'hui tout ça était acquis, mais en fait non, pas totalement."
 
Sur l'une de ces affiches rendant hommage à l'ancienne ministre de la Santé, à l'origine de la loi légalisant l'avortement, une main anonyme a ajouté "de la part des 8 millions d'avortés !" au "Merci Simone". Peu de temps après, le street artiste Jack le Black est venu repeindre en jaune les parties dégradées et y a écrit "Les femmes sauveront le monde".
 
"Ce qui est bien avec le street art, c'est que c'est la rue qui parle, il y a ceux qui vont détériorer l'affiche et ceux qui vont la réparer", explique Julia, qui voit le street art comme une façon de mobiliser les citoyens.

Des affiches à télécharger sur internet

Le visuel est libre de droit et les internautes peuvent télécharger leurs affiches sur le site internet du collectif pour les imprimer et les coller dans leur quartier. Quelques milliers d'affiches auraient ainsi été collées.
 
Une fois l'affiche remplacée par la nouvelle sur les quais, Julia et Eléonore repartent sur leur vélo à la recherche d'un autre "spot". A un angle de l'avenue Daumesnil dans le 12e arrondissement, elles se remettent au travail.
 
Des cyclistes et des piétons s'arrêtent pour les regarder agir, brosse à la main. "Merci pour elle, c'est génial ce que vous faites !", leur lance une femme, la soixantaine.
 
"Le collage est souvent l'occasion de discuter avec les passants, on reçoit beaucoup d'encouragements", explique Julia, qui prend en photo son oeuvre pour la poster sur les réseaux sociaux, histoire de donner à l'action un prolongement en ligne.

Des tee-shirts "Merci Simone"

Sur Instagram, comme dans la rue, leurs affiches interpellent et séduisent, suscitant nouvelles photos et commentaires.
 
Face à l'engouement, le collectif propose même des tee-shirts et pulls "Merci Simone" sur son site. Les bénéfices réalisés sont intégralement reversés à une association féministe, précise les membres.
 
D'ici dimanche, jour de son entrée au Panthéon, elles espèrent que le visage de Simone Veil s'affichera partout dans la capitale.
 
Le collectif a prévu de se réunir au jardin du Luxembourg, pour suivre la cérémonie officielle retransmise sur écran géant. Mais cela ne marquera pas la fin de leur hommage en images: "Il faut continuer à transmettre ses combats pour les femmes, la paix et l'Europe."