Nivèse et ses découpages : jeux d'ombre et de lumière sur l'actualité

Mis à jour le 30/05/2018 à 19H50, publié le 30/05/2018 à 16H22
Les collages d'actualité de Nivèse

Les collages d'actualité de Nivèse

© France 3 / culturebox / capture d'écran

Assistante du roi de la compression, César, seule femme représentée dans l'Ecole de Nice, mouvement qui a regroupé de nombreux artistes internationaux, Nivès Oscari (qui se fait désormais appeler Nivèse) a vécu de nombreuses vies. Rencontre avec une artiste atypique. Une exposition lui est consacrée à la bibliothèque Louis Nucéra de Nice jusqu'au 23 juin.

Yves Klein, Ben, Arman, Jean Mas et bien d'autres sont les représentants de l'Ecole de Nice. Un courant artistique foisonnant et épris de liberté qui s'est développé dans la société en pleine mutation des années 60.

Parmi eux, Nivèse, une jeune femme débarquée en 1973. Née en Croatie en 1944, elle a habité en Belgique jusqu'à l'âge de 24 ans. Un pays qui l'angoissait, avoue-t-elle, à cause des mines où son père travaillait. Femme au fort caractère et douée d'un grand talent, elle devient une figure de la scène niçoise. 

Reportage : France 3 Nice : Y. Fournigault / J. Soffer / L. Buyse

https://videos.francetv.fr/video/NI_1240109@Culture

Elle travaille le bois, le métal, fait des collages et aime par-dessus tout jouer avec la lumière. Femme de caractère, l'ancienne assistante de César a été la seule à parvenir à se faire une place au milieu d'un monde alors très masculin et machiste. Elle est et restera la seule femme à avoir officiellement fait partie de la célèbre Ecole de Nice. "Je me suis sentie l'égale de ces gens-là. J'ai travaillé le fer, j'ai fait autant qu'eux. Je n'ai jamais été complexée. Je pense que cette démarche leur a plu". 

Hier et aujourd'hui

Nivèse ne reste pas dans la nostalgie de ces glorieuses années. Elle n'a jamais cessé de travailler ni d'exposer ses œuvres. Elle aime beaucoup jouer avec la lumière. "Ce qui m'intéresse, c'est l'ombre et la lumière, surtout la projection de l'ombre. Quand on marche et que l'on voit son ombre prolongée, j'ai toujours l'impression que c'est votre âme, cette ombre prolongée", dit-elle. Collages, assemblages, découpages : aujourd’hui elle travaille beaucoup sur des thèmes d'actualité comme la maladie, le rapport au sexe et la radicalisation. Un travail à voir à Nice jusqu'au 23 juin.