Auguste Rodin - Camille Claudel : le maître a-t-il plagié l'élève ?

Par Marie Pujolas et Marie Berrurier @Culturebox
Mis à jour le 23/11/2018 à 17H35, publié le 23/11/2018 à 17H30
Portraits de Camille Claudel et Auguste Rodin

Portraits de Camille Claudel et Auguste Rodin

© France 3 / culturebox / capture d'écran

Ils se sont aimés, admirés, influencés, déchirés... Mais Auguste Rodin, le plus célèbre des sculpteurs du XXe siècle s'est-il, comme on l'entend parfois, un peu trop inspiré de certaines œuvres de sa protégée, Camille Claudel ? Réponse dans les couloirs du Musée Rodin à Paris.

Auguste Rodin est l'un des artistes les plus célèbres du XXe siècle et était déjà très connu de son vivant. Ce n'est pas le même destin qui attendait son élève, muse et maîtresse Camille Claudel. Après leur relation tumultueuse qui dura dix ans, la jeune femme sombra dans la folie et fut internée de 1913 à sa mort en 1943. Alors, personne ne pouvait imaginer que le maître ait eu besoin un jour de copier l'élève. Ce ne fut d'ailleurs à priori jamais vraiment le cas, mais l'inspiration fut réelle. 

Reportage : M. Berrurier / E. Beroua / V. Roussel / V. Lacas / D. Chevalier
Auguste Rodin fut tout de suite fasciné par le talent et la personnalité de Camille Claudel. Elle apprend vite, travaille aux côtés de son mentor. Pendant dix ans, une relation profonde les unira, empreinte de désir et d'admiration. Alors, quand on compare certaines de leurs œuvres, les ressemblances sont parfois flagrantes. Des mouvements identiques, des poses similaires, des visages qui se ressemblent. Mais pour Véronique Mattiussi, spécialiste de Camille Claudel au musée Rodin, on ne peut pas parler de plagiat :

Je ne pense pas que l'on puisse dire que Rodin a copié Camille Claudel. Ce qui est sûr, c'est que la collaboration qui va durer dix ans donne lieu à des moments de partage, d'échanges et d'émulation très forte. Au point où il est parfois difficile de restituer la part qui revient à chacun.

Délires paranoïaques

Leur rupture fut à l'image de leur passion, forte, délirante et brutale. Camille Claudel nourrira un très vif sentiment contre son ancien amant. Alors qu'elle essaie de se reconstruire et de travailler pour et par elle-même, elle arrive difficilement à vivre de son art. Très vite, elle se persuade que Rodin est la cause de son insuccès et son esprit tourmenté est de plus en plus habité par des obsessions et des idées paranoïaques. C'est donc elle qui lancera la rumeur, qui deviendra un peu un fantasme et qui reviendra par périodes, que Rodin lui vole son art et la copie. "Elle dit que Rodin la copie et l'épie" explique Véronique Mattiussi, "Elle est obsédée par cette image malfaisante de Rodin qui voudrait son mal".