A Dijon, le sacre de Phillip King, roi des formes et des couleurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/05/2013 à 15H11
Retro Phillip King © Phillip King

Jusqu'au 16 juin, le Consortium de Dijon consacre une belle rétrospective à une figure de l'art contemporain : Phillip King. L'artiste de 79 ans sculpte depuis un demi-siècle et continue de créer des œuvres d'une époustouflante fraîcheur.

Variété des formes, richesse des matériaux et explosion des couleurs : le travail de Phillip King ne passe pas inaperçu ! Et c'est pour rendre compte de la singularité de son œuvre que le Consortium organise cette rétrospective exceptionnelle. Le sculpteur, de renommée internationale, n'avait pas fait l'objet d'une telle exposition en France depuis 1993! 

Reportage : M. Picoche, I. Rivierre, C. Frèrebeau

https://videos.francetv.fr/video/NI_135333@Culture

Phillip King est né en 1934 à Tunis, d'un père anglais et d'une mère française. De sa jeunesse tunisienne, il se souvient d’une utilisation précoce de l’argile, matière oubliée avec laquelle il renoue à la fin des années 80, et d’une imagerie colorée qui le suivra toute sa vie. Après un passage à Paris, il étudie à la St Martin’s School of Art de Londres, sous la tutelle d'Anthony Caro. Il travaille alors des petites pièces, fortement influencées par la sculpture de Matisse et Picasso. En 1958, Il devient l'assistant d'un autre grand sculpteur britannique, Henry Moore, avec qui il apprend à travailler le plâtre et les grands volumes. 

Des débuts prometteurs

Les trois premières œuvres abstraites importantes de sa carrière naissent à la suite d’un long voyage en Grèce : "Window Piece" (1961) reflète son étude de l’architecture antique ; "Drift" (1962) reprend le geste sculptural primaire d’appuyer un objet contre un autre ; "Declaration" (1961), faite de ciment et de gravillons de marbre, constitue un nouveau départ dans le travail de l’artiste. C’est la première fois dans la sculpture anglaise que des formes géométriques, non organiques, servent de principe de composition à une œuvre. A la différence de ses contemporains, Phillip King n’est pas doctrinaire au sujet de l’abstraction et accepte l’idée que ses sculptures puissent évoquer des choses sans pertinence stricte avec leur existence matérielle.
"Drift" (1962)

"Drift" (1962)

© Phillip King
Avec "Rosebud" (1962), le sculpteur trouve sa marque de fabrique : la forme du cône et la couleur. En 1963, il crée le grand "Genghis Khan" et "Twilight", fin et transparent. Pour cette série de trois cônes, l’artiste utilise la fibre de verre et le plastique, matériaux jusqu’alors peu ou pas du tout utilisés en sculpture. King a, tout au long de sa carrière, expérimenté des combinaisons assez hérétiques de matériaux : béton et bois, ciment et gravillons de marbre, fibre de verre, aluminium et bois. Le métal est associé à de l’ardoise, du bois, ou du goudron.  Dès lors, il ose des couleurs très vives, qui deviennent presque un matériau en soi. Certaines réalisations sont très proches de la peinture comme "Tunis Rak" (2007), où le vert et le jaune donnent de la profondeur à l’œuvre. 
"Genghis Khan" (1963)

"Genghis Khan" (1963)

© Phillip King
La reconnaissance internationale

Les années 70 se caractérisent par une recherche sur de nouveaux matériaux comme la pierre et l’utilisation pour la première fois du métal seul ("Angle Poise", 1973). Les œuvres se font plus agressives, plus anguleuses, et l’artiste va utiliser des déchets industriels usagés (chaînes, câbles, grillages) laissant moins de place à la couleur. Ces mêmes années, de grandes commandes publiques lui sont confiées. Ce sont la plupart du temps des sculptures libres et indépendantes du contexte dans lequel elles doivent être installées. Occupant la plupart du temps des parcs, King met en pratique son étude des jardins zen effectuée au Japon.
"Quill" (1971) de Phillip King

"Quill" (1971) de Phillip King

© Wikimedia/Wikifrits
En 1980, Phillip King est nommé professeur de sculpture au Royal College of Art et l'année suivante une exposition rétrospective lui est consacrée à la Hayward Gallery de Londres. Dans un contexte plus hostile à l’abstraction, le britannique va revenir à des formes plus facilement identifiables dans le réel ("It’s a swell Day for Stormy Petrell",1989). Ce retour à la figuration voit son apogée dans les années 90 avec la série en bronze des "Fire King". Enfin les années 2000 sont caractérisées par une grande énergie de formes et une palette de couleurs joyeuse ("Blue Slicer", 2007). 
"Blue Slicer" (2007)

"Blue Slicer" (2007)

© Phillip King
Rétrospective Phillip King
Jusqu'au 16 juin 2013 au Consortium
37 rue de Longvic - 21000 Dijon
Tel : 03 80 68 45 55