Rencontres de la photographie d'Arles : 50 expositions cet été pour la 50e édition

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Journaliste, responsable de la rubrique Arts de Culturebox

Mis à jour le 14/03/2019 à 16H29, publié le 14/03/2019 à 16H20
A gauche, l'affiche des Rencontres d'Arles 2019 - A droite, Miguel Trillo, Madrid, 1982. Cette photo sera présentée à Arles dans l'exposition "La movida". Courtesy of the artist

A gauche, l'affiche des Rencontres d'Arles 2019 - A droite, Miguel Trillo, Madrid, 1982. Cette photo sera présentée à Arles dans l'exposition "La movida". Courtesy of the artist

© Rencontres d'Arles

Les Rencontres de la photographie d'Arles fêteront cet été leur cinquantième édition avec 50 expositions, en hommage à ses trois fondateurs, Lucien Clergue, Michel Tournier et Jean-Maurice Rouquette. Elles aborderont des thèmes comme le corps, l'habitat ou les frontières. Au programme, entre autres, Edward Weston, Helen Levitt, Germaine Krull, la Movida espagnole... Du 1er juillet au 22 septembre.

"Nous nous sommes posé une question : comment célébrer les cinquante années écoulées tout en prospectant pour les cinquante prochaines", a déclaré le directeur des Rencontres d'Arles, Sam Stourdzé, mercredi, lors de la présentation à la presse de la cinquantième édition du grand festival de photographie, égrenant quelques chiffres : au cours du demi-siècle écoulé, on a pu voir 1234 expositions, 1782 artistes sans compter les expositions collectives, assister à 252 soirées.

Les 50e Rencontres reviendront sur ces cinquante ans de festival et s'intéresseront également à de nouvelles façons de faire de la photographie, avec par exemple Valérie Belin et ses "Painted Ladies", sortes de "peintures photographiques" de figures féminines archétypales, ou le Canadien Yann Pocrea, qui imagine une installation immersive où une photographie monumentale de cathédrale laisse passer des rayons de lumière.
Helen Levitt, "New York", 1980, collection privée, film document LCC, avec l'aimable autorisation de Thomas Zander Gallery, Cologne

Helen Levitt, "New York", 1980, collection privée, film document LCC, avec l'aimable autorisation de Thomas Zander Gallery, Cologne

© Rencontres d'Arles

"Happy Birthday"

"Happy Birthday !" Pour rendre hommage à la première édition, les Rencontres proposeront une exposition du photographe américain Edward Weston (1886-1958) identique à celle de la première édition du festival en 1970, en dialogue avec des photographies de Lucien Clergue. Et puis les Rencontres puisent dans leur collection, soit plus de 3300 images données par les photographes passés à Arles et accumulées au fil des ans, "des archives extraordinaires", selon Sam Stourdzé. Une sélection de ces images racontera cinquante ans de festival.
 
Arles s'intéressera au corps, avec une exposition consacrée à la photographe tchèque Libuse Jarcovjàkovà, "sorte de Nan Goldin de l'est en noir et blanc" selon les mots de Sam Stourdzé, qui combine "poésie et crudité" dans ses images de la rue, de la nuit, du sexe, de l'amour, de la dépression. On sera toujours dans l'ex-Europe socialiste avec 16 photographes est-allemands des années 1980. Et puis au sud avec quatre photographes de la Movida espagnole, dont notamment Alberto Garcia Alix.
Ken Grant, "Lisa and Tracy's sister", Birkenhead, 1990 (exposition "Home Sweet Home")

Ken Grant, "Lisa and Tracy's sister", Birkenhead, 1990 (exposition "Home Sweet Home")

© Rencontres d'Arles

Royaume-Uni et habitat

Le Royaume-Uni est très présent avec les chefs-d'œuvre de la bibliothèque de Martin Parr, récemment acquise par la Tate et la fondation Luma. Tom Wood, tendre photographe des rues, des bus et des pubs de Liverpool, en montrera les "mères, filles et sœurs". Et on s'intéressera aussi à la maison britannique, "home sweet home", vue comme un lieu politique, à travers l'objectif de 33 photographes qui nous font entrer dans l'intimité de nos voisins d'outre-Manche, des années 1970 à nos jours.
 
La section "Habiter", un "état des lieux des espaces domestiques", s'intéressera aussi aux réalisations de l'architecte Fernand Pouillon en Algérie avec Daphné Bengoa et Léo Fabrizio. On pourra par ailleurs revoir à Arles l'exposition présentée à l'automne à Montreuil, à la galerie Lumière des Roses sur la "zone", l'immense terrain vague qui entourait Paris et qui fut occupé progressivement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par des habitations de fortune.
Tom Wood, "Jelly Tot Pink [Rose bonbon]", 1991. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Galerie Sit Down

Tom Wood, "Jelly Tot Pink [Rose bonbon]", 1991. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Galerie Sit Down

© Rencontres d'Arles

Femmes et photographie "brute"

Les femmes sont bien présentes dans la sélection, avec par exemple Helen Levitt (1913-2009), grande photographe de rue américaine, qui s'est particulièrement intéressée aux enfants et aux quartiers défavorisés de New York. Elle sera à l'Espace Van Gogh, avec 130 clichés dont des inédits. On pourra découvrir les photos inédites faites par Germaine Krull (1897-1985) au cours d'une traversée de l'Atlantique en bateau avec André Breton, Jacqueline Lamba, Claude Lévi-Strauss, Victor Serge, Wifredo Lam, Anna Seghers.
 
Impossible d'en évoquer cinquante mais on signalera encore "Photo/Brut", "une des expositions les plus ambitieuses" de la 50e édition des Rencontres d'Arles, selon Sam Stourdzé. Elle rassemble 300 images d'auteurs autodidactes, produites en dehors des circuits artistiques, souvent dans un cadre asilaire, qui pourraient relever de ce qu'on appelle "l'art brut".
 
La semaine d'ouverture, avec ses soirées de projection, ses débats, ses rencontres, ses lectures de portfolios, aura lieu du 1er au 7 juillet. Les expositions se poursuivront jusqu'au 22 septembre.