Regards de femmes photographes à Reims : une expo pour voir le monde autrement

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/05/2018 à 10H20, publié le 05/05/2018 à 12H49
 "La Mona Lisa des années 30" - Dorothea Lange.

 "La Mona Lisa des années 30" - Dorothea Lange.

© Dorothea Lange

C’est une exposition singulière et emplie d’émotion que propose l’association reimoise La salle d’attente. Jusqu’au 29 juillet au Cellier de Reims, treize femmes photographes posent un autre regard sur le monde qui les entoure. Au total, une centaine de clichés racontent une Histoire qui interpelle, indigne parfois et souvent, émeut.

En janvier 2016 dans Courrier International, le critique d’art Jonathan Jones disait ceci : "Depuis des centaines d’années, dans la plupart des œuvres d’art, le monde est perçu uniquement à travers le regard masculin. Si les femmes doivent être représentées correctement dans le milieu de l’art, c’est uniquement pour que le monde puisse être perçu dans toute son unité, afin que des siècles de demi-cécité artistique prennent fin."

Un avis que partage "La salle d’attente". Aujourd’hui, les artistes féminines ne représentent que 15% des collections publiques. Une injustice que l’association reimoise, qui travaille depuis une quinzaine d’années à mettre en lumière la photographie sous tous ses aspects, a décidé de réparer à travers une expositon "Regards de femmes photographes" au Cellier jusqu'à fin juillet.

Reportage : M. Fournier / C. Crenn / V. Brice

https://videos.francetv.fr/video/NI_1230609@Culture

L'exposition rassemble treize artistes du monde entier (Iran, Afrique du Sud, France, Finlande, Etats-Unis…) qui ont toutes, chacune à sa manière, tenté de changer le monde. A commencer par la pionnière, Dorothea Lange. L’exposition débute par trente de ses photos, prises lors de la Grande Dépression aux Etats-Unis. Des photos en noir et blanc qui traduisent tout le désespoir d’un pays.

Un travail qui aura des répercussions importantes puisqu’il conduira à l’époque, dans les années 30, au déblocage de fonds à destination des plus pauvres.
"Témoin oculaire", Azadeh Akhlaghi.  

"Témoin oculaire", Azadeh Akhlaghi.  

© Azadeh Akhlaghi
Le pouvoir de l’image. Ce pouvoir dont, dans certains pays, on écarte systématiquement les femmes qui n’ont dès lors que l’art comme seul moyen d’expression. Pour l’Iranienne Azadeh Akhlaghi, les années de violence extrême dans son pays deviennent des clichés mis en scène, scénarisés, un peu comme des arrêts sur image. Pour Carolle Benitah en revanche, la place de la femme marocaine s’exprime à travers des photos de famille sur lesquelles elle a cousu au fil rouge les cicatrices sanglantes d’une histoire tourmentée.
Les clichés célestes de la Reimoise Hélène Virion.

Les clichés célestes de la Reimoise Hélène Virion.

© Hélène Virion, capture d'écran France 3
A travers ce parcours d’une centaine de photos, les artistes racontent le monde tel qu’il leur apparaît. Parfois cruel, souvent injuste mais aussi poétique à l'image des clichés signés Hélène Virion et qui redonnent tout leur sens à l’expression "avoir la tête dans les nuages". 

-> Voir le diaporama de l'exposition : Regards de femmes