Quand les troubles psychiatriques se transforment en génie photographique

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/11/2017 à 16H06, publié le 24/11/2017 à 11H04
Le projet "Dékadrage" mené par le photographe Stephanos Mangriotis avec des personnes troubles psychiatriques

Le projet "Dékadrage" mené par le photographe Stephanos Mangriotis avec des personnes troubles psychiatriques

© France 3 / Culturebox

L’hôpital de la Timone à Marseille, se transforme en hall d'expo-photo jusqu'au 21 janvier 2018. Coordonné par Stephanos Mangriotis, l'atelier Dekadrage permet à des personnes atteintes de troubles psychiatriques de s'exprimer par le biais de la photo.

Ce jour-là dans les couloirs de l'hopital de la Timone, il y a Sophia, Wilfreed et Abdelghani. Ils ont tous en commun d'avoir traversé des moments de fragilité qui les ont fait basculer dans le trouble psychique, mais ils ont surtout en commun la volonté de raconter leur histoire. C'est par la photo et l'aide du photographe grec Stephanos Mangriotis qu'ils ont pu aboutir à leur projet Dekadrage.

Reportage : N. Deumier / M. Bail / S. Baix

https://videos.francetv.fr/video/NI_1128209@Culture


L'autodérision et le regard cru sur soi n'échappe pas au travail photographique des participants. On sourit en voyant celle de Wilfreed Obame, au volant d'une voiture virtuelle mais encadrée de quatre vrais pneus. 
"Je commençais à aller mieux dans ma vie, c'est un voyage... J'ai vu des pneus, j'ai eu cette idée"

"Je commençais à aller mieux dans ma vie, c'est un voyage... J'ai vu des pneus, j'ai eu cette idée"

© Wilfreed Obame

La photo, pour certains, est aussi l'occasion de se livrer dans le plus intime. De la chambre photographique au cabinet du psy, il n'y a qu'un pas. 
"Ce sont mes plantes et mon corps que j'accepte entièrement" Abdelghani Djiafri

"Ce sont mes plantes et mon corps que j'accepte entièrement" Abdelghani Djiafri

Le projet de création collective "Dekadrage" mené par le photographe Stephanos Mangriotis s'adresse à des personnes qui ont souffert ou qui souffrent de troubles psychiques. Mais durant l'atelier chacun met entre parenthèses la maladie. "Mon rôle est de pousser vers une création artistique", souligne Stephanos Mangriotis. Chaque participant est muni d’un appareil argentique pour photographier son quotidien et son rapport au monde. Le langage visuel est utilisé comme une manière d'autonomisation de l'individu. 

Avant d'être exposé à la Timone, le projet Dekadrage a d'abord fait l'objet d'un livre.