Prix Bayeux des correspondants de guerre : Syrie et Irak dans l'objectif

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/10/2017 à 12H37, publié le 03/10/2017 à 11H06
Un enfant d'Alep pleurant la mort d'un proche après un bombardement

Un enfant d'Alep pleurant la mort d'un proche après un bombardement

© Karam Al_Masri / AFP

Le 24e Prix Bayeux-Calvados a débuté hier avec l'ouverture d'expositions sur la Syrie et l'Irak mais aussi sur des conflits moins médiatisés. Des lycéens qui ont rencontré Arnaud Comte de France 2, lauréat du Prix Bayeux-Calvados l'an dernier pour "Mossoul, fuir à tout prix", ont voté pour choisir le documentaire qui les avait le plus émus dans cette édition 2017.

"Exode de Mossoul", une exposition de vingt-cinq photos en grand format noir et blanc, du Danois Jan Grarup, accrochées dans les rues paisibles de Bayeux, emmenait le 2 octobre les badauds, touristes anglophones ou lycéens au coeur du conflit contre l'Etat islamique (EI), dans la deuxième plus grande ville de l'Irak, où s'est déroulée la plus longue bataille urbaine depuis Stalingrad.
Jeune femme pleurant devant la tombe de sa mère à Mossoul

Jeune femme pleurant devant la tombe de sa mère à Mossoul

© Jan Grarup / laif
Dans une chapelle proche de la célèbre tapisserie de Bayeux, "Syrie: une exposition multimédia sur le travail des photographes syriens de l'AFP" témoigne de "la souffrance d'un peuple", précise Rana Moussaoui, directrice adjointe du bureau de l'AFP à Beyrouth. Elle sera à Bayeux à partir du 6 octobre aux côtés de ces quatre photographes syriens, Karam Al-Masri, Zakaria Abdelkafi, Baraa Al-Halabi et Ameer Alhalbi. Les reportages ont été réalisés "tant du côté rebelle que du côté loyaliste".
Pères syriens transportant leurs enfants dans les ruines d'Alep

Pères syriens transportant leurs enfants dans les ruines d'Alep

© Ameer Alhalbi/ AFP
D'autres expositions évoquent des conflits moins médiatisés, comme "Conflits oubliés, conflits de demain". On peut y lire qu'environ "250.000 enfants participent aux conflits", que "chaque jour, 93 personnes sont tuées par armes à feu aux Etats-Unis" et que "depuis 2004, au moins 500 frappes de drones ont été menées dans le monde faisant 3.674 victimes". L'exposition multimédia est signée du collectif de journalistes "Noor".
Femme d'une tribu de Nasir au Sud-Soudan

Femme d'une tribu de Nasir au Sud-Soudan

© Stanley Greene / NOOR
Au total, six expositions s'ouvrent à Bayeux, dont une présente les 50 reportages, écrits, photos, radios ou vidéos en compétition. Dix prix seront remis samedi 7 octobre. Le jury international sera présidé par le grand reporter britannique de la BBC Jeremy Bowen. Le jeudi 5 octobre le documentaire "Mossoul" d'Olivier Sarbil sera projeté en avant-première européenne. Des lycéens ont été appelés à voter pour choisir parmi dix documentaires celui qui les a le plus émus.

Reportage France 3 Normandie M. Bellinghen / J. Guillaud / V. Potel

https://videos.francetv.fr/video/NI_1090405@Culture


Hommage à "la perle" des fixeurs

Autre point fort, une cérémonie rendra hommage le 5 octobre, au Mémorial des reporters de Bayeux, aux journalistes décédés dans l'exercice de leur fonction. Des proches du fixeur (guide et traducteur) kurde irakien Bakhtiyar Haddad, du journaliste français Stéphan Villeneuve et de la reporter suisse, Véronique Robert, tués en juin à Mossoul, sont annoncés, ainsi que la veuve de Javier Valdez, le journaliste mexicain, correspondant de l'AFP, tué en mai. Une des expositions ouvertes lundi revient sur le parcours de Bakhtiyar Haddad, la "perle" des fixeurs.
Portrait de combattant dans l'exposition hommage à Bakhtiyar Haddad

Portrait de combattant dans l'exposition hommage à Bakhtiyar Haddad

© Diego Ibarra Sanchez
Près de 35.000 personnes, dont près de 400 professionnels du journalisme, sont attendues d'ici au 9 octobre à Bayeux, commune proche des plages du Débarquement. Des projections et des débats sont par ailleurs programmés sur la Syrie, l'Ouganda, la Turquie, le Soudan du Sud.