Les photos flamboyantes de Pascal Sacleux : roux et fier de l'être !

Mis à jour le 25/01/2018 à 16H40, publié le 24/01/2018 à 14H21
A Saint-Brieuc, la séance photo de Pascal Sacleux a attiré 159 personnes rousses 

A Saint-Brieuc, la séance photo de Pascal Sacleux a attiré 159 personnes rousses 

© France 3 / Culturebox

Pascal Sacleux est photographe et ... roux ! Une qualité physique qu'il met en avant avec ses très beaux clichés. Un pied de nez à toutes les mauvaises blagues subies depuis des lustres par les hommes et femmes aux cheveux de feu. Il organise régulièrement des rencontres ouvertes exclusivement aux roux. Opération réussie à Saint-Brieuc, où 159 personnes ont posé devant l'objectif.

Pascal Sacleux termine son tour de Bretagne avec plus de 700 clichés et toujours la même passion : photographier des personnes rousses. Une couleur qui lui en fait voir de toutes les couleurs mais qu'il affectionne particulièrement. Sa dernière étape bretonne le faisait passer à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) où il a posé son appareil. Des enfants, des grands-pères, des fratries, tous les roux des alentours sont venus prendre la pose. Un très joli point lumineux qui a égayé le granit gris de l'Esplanade Pompidou.  

Reportage : K. Cévaër / Q. Cezard / H. Notat 

https://videos.francetv.fr/video/NI_1170253@Culture

La vie en roux

Pascal Sacleux n'a pas personnellement souffert de railleries sur les roux, mais le systématisme ancré dans l'inconscient collectif l'exaspère et le pousse à réagir. "Beaucoup de roux ont vraiment morflé pendant l’adolescence et certains sont détruits socialement", confiait-t-il auprès de 20 Minutes. Avec son appareil photo, il part à la rencontre de ses semblables pendant un an. Et il récolte beaucoup de sourires lumineux mais aussi des témoignages douloureux. Si à Paris ou dans les grandes villes la discrimination anti-roux s'est atténuée, elle est encore bien présente dans certaines régions.

"J’ai plus ressenti cela dans petits villages en Bretagne alors qu’avant, quand j’étais à Paris, les gens s’en foutaient un peu. C’est d’ailleurs étonnant car on retrouve beaucoup plus de roux en Bretagne, même si on en trouve partout dans le monde", rapporte le Démotivateur

Aujourd'hui sa démarche n'a pas changé : mettre en avant les personnes rousses aux yeux des autres mais aussi pour elles-mêmes. "Mon boulot de photographe est de faire de très beaux portraits et de les rendre fiers de ce qu'ils sont", dit simplement Pascal. Un acte militant qui a un petit parfum de "revanche". 

La fête des roux

Lors de son tour de Bretagne, Pascal était accompagné d'une jeune femme rousse, elle aussi. La bloggeuse Élodie Roux-Guyomard bien connue grâce au blog "La vie en rousse". Le périple complet sera raconté dans un livre "Ornements de Rousseur" à paraître au mois de juin prochain aux éditions Goater. Ecrit à six mains avec la vidéaste Marie-Savine Colin et Elodie Roux-Guyomard, Pascal Sacleux le promet : tous ceux qui ont été pris en photo seront présents dans le livre, que ce soit en gros plan ou dans une mosaïque. Le photographe travaille aussi à l'organisation d'un festival en l'honneur des roux/rousses le 25 août à Orgères près de Rennes. 

Une couleur rare 

Ce qui est rare est cher... dit l'adage. Il en va de même pour les personnes à la chevelure rousse. Quand on sait que les roux constituent environ 2% de la population mondiale et 4% des Européens, plutôt que de les moquer on devrait les choyer. Avec leurs cheveux de feu, leur teint de porcelaine et leurs éphélides effrontément posées sur le nez, tous les roux du monde souhaitent une seule chose : que la différence rime désormais avec chance et non plus avec souffrance. "Une mère m'a confié qu'à la maternité une sage-femme lui a dit d'un air alarmiste: "votre bébé est en bonne santé, mais il est roux, ça va aller", racontait le photographe lors de sa première exposition à l'aéroport de Rennes.