Les Alpes et le Paris du 19e siècle au cœur d'une extraordinaire exposition photo à Chantilly

Mis à jour le 31/10/2018 à 17H33, publié le 31/10/2018 à 17H30
Paris au XIXe siècle

Paris au XIXe siècle

© France 3 Culturebox Capture d'écran

Le domaine de Chantilly propose jusqu'au 6 janvier 2019 une exposition photo encore jamais présentée. "Les primitifs de la photo du XIXe siècle" se compose de très beaux tirages d'époque à partir de clichés pris à Paris, dans les Alpes et au bord de la mer entre 1850 et 1900. ils avaient été collectionnées par le Duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe.

Au delà de son incontestable intérêt iconographique, cette extraordinaire collection de photographies du 19e siècle convoque une inattendue émotion intime. Les images d'un Paris en mutation comme celle des Alpes pas encore parcourues par des centaines de randonneurs et d'alpinistes ou encore les premières "marines" ont été réunies par le duc d'Aumale, soit Henri d'Orléans, l'un des fils de Louis-Philippe. Le choix des images qu'il acquiert auprès des pionniers démontre qu'il avait compris que la photographie n'était pas une simple technique de reproduction de la réalité mais bien un art à part entière ou une discipline appelée à le devenir. Il ne faut pas oublier que la photographie est née très peu de temps avant, les premières tentatives de Nicéphore Nièpce datent de 1816 !

Reportage : France 3 Picardie C. Denis / H. Strobel / N. Perrin

Une poésie involontaire

Il s'agit encore de paysages, urbains, alpestres ou maritimes. On y découvre les marines de Gustave Le Gray, les vues des Alpes des frères Braun ou encore les photographies d’actualité de Robert Howlett, les premières photographies d’amateur et les prémices de la photographie industrielle. L'être humain n'y apparait souvent que flou ou figé dans une pose. Les portraits, figés eux-aussi, sont issus de séances de pose en studio. Il faut se rappeler que les plaques photographiques, très peu sensibles, réclamaient à l'époque une longue exposition. Cela explique l'apparence dépeuplée des rues de Paris : un homme qui marchait restait trop peu longtemps à une même place pour imprimer son image sur la photographie. Pour qu'un "instantané" puisse ête réalisé, il fallait un très grande quantité de lumière, souvent en été à midi. Ces longs temps de pose sont aussi à l'origine de l'apparence "lissé" des étendues d'eau ou des feuillages pris dans le vent. Une poésie involontaire qui explique l'émotion intime ressentie à la vue de ces images inestimables.