Le "No Glamour" du portraitiste Patrick Swirc

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/03/2015 à 11H32
Robert Downey Jr (Détail)

Robert Downey Jr (Détail)

© Patrick Swirc

Jusqu'au 24 mai 2015, le Théâtre de la Photographie et de l'Image de Nice propose une rétrospective de l'oeuvre du photographe français Patrick Swirc. Photographe de mode, auteur de carnets de voyages picturaux, il est surtout connu pour ses portraits sans concession des personnalités les plus célèbres, souvent en noir et blanc et pas toujours à l'avantage de son sujet.

Ses portraits de stars ont été publiés par les plus grands titres de la presse française et internationale. Souvent en noir et blanc, les images de Patrick Swirc n'ambitionnent pas de caresser leur sujet dans le sens du poil.

On pourrait ainsi résumer sa démarche : no glamour ! Les défauts de la peau pas maquillée, les cheveux mal peignés, les expressions peu flatteuses ne sont pas éliminées lors du choix final. Ce sont même des éléments déterminants dans la décision de retenir un cliché plus qu'un autre. Et ça ne plaît pas à tout le monde.

Ainsi la réaction de Robert Redford à la vue de son portrait le montrant vieux, ridé et privé de son légendaire charme a été violente et l'altercation fait désormais partie de l'histoire du photographe.

Reportage : V. Lupo / Y. Fournigault / P. Pauron

https://videos.francetv.fr/video/NI_155951@Culture

Anti-Harcourt
Il aura fallu d'évidentes qualités artistiques et un ton convaincant pour que les personnalités de tous les domaines acceptent de poser devant l'objectif de Patrick Swirc. Jusqu'alors, la plupart des photographes de "stars", hormis les paparazzi, mettaient leur technique au service du glamour de leur sujet, l'étalon restant le style des studios Harcourt, avec lumière tamisée, chevelure disciplinée ou savamment décoiffée, maquillage adroit et pose valorisante. Chez Patrick Swirc, on a plutôt l'impression que les personnalités sortent du lit ou ont été immortalisées vers quatre heures du matin, au sortir d'une nuit de fête.

Ce réalisme photographique poussé dans ses moindres détails et souvent exacerbé par le choix du noir et blanc a deux conséquences : il replace la star dans le flot du commun des mortels, la faisant descendre de son Olympe cannois ou hollywoodien et la rapprochant ainsi du simple spectateur du fait de ses évidentes imperfections. Et elle renforce souvent également la puissance de la personnalité du sujet photographié. Cette espèce de mise à nu du visage ne laisse la place à aucun artifice. C'est ce que nombre des personnalités acceptant de poser pour Swirc ont bien compris : il y a plusieurs manières de flatter les egos, et celle-ci est paradoxalement l'une des plus puissantes.
Exposition Patrick Swirc
Jusqu'au 25 mai 2015
Théâtre de la Photographie et de l’Image
27 boulevard Dubouchage  06000 Nice