La grande aventure du vinyle en 600 pochettes de disques à Arles

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/07/2015 à 10H40
Un homme visite l'exposition "Total Records" pendant les Rencontres de la photographie, à Arles, juillet 2015

Un homme visite l'exposition "Total Records" pendant les Rencontres de la photographie, à Arles, juillet 2015

© BORIS HORVAT / AFP

"Abbey Road" et le passage clouté des Beatles ou la braguette des Rolling Stones pour "Sticky Fingers": les pochettes de vinyles ont contribué aux mythes des grands musiciens comme en témoigne, à Arles, l'exposition "Total records" ou "la grande aventure des pochettes de disques photographiques".

Six cents pochettes de disques sont exposées dans les anciens ateliers de la SNCF, dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie, retraçant les liens étroits entre photographie et musique. "Nous avons voulu montrer le travail des grands photographes sur les  pochettes de disque", expliquent les deux commissaires d'exposition, Antoine de Beaupré et Serge Vincendet.

Reportage : A.Martiniky / X.Schuffenecker /  A.Despretz

https://videos.francetv.fr/video/NI_486543@Culture

La plupart des grands photographes s'y sont essayé, tels Richard Avedon, Andy Wharol, David Bailey, Irving Penn qui ont contribué à la notoriété des chanteurs ou des groupes. Richard Avedon a illustré plus d'une centaine de pochettes, avec notamment des portraits de Cher, Simon et Garfunkel, Sylvie Vartan et Joan Baez. Les sérigraphies polaroïds redessinées et peintes de Wharol ornent notamment les pochettes des Rollings Stones, Velvet Underground Diana Ross, John Lennon. Une soixantaine de sérigraphies pour vinyles ont été créées par l'artiste qui sont toutes devenues des pièces de collections. Mais "c'est Bailey qui a construit l'image de mauvais garçons des Stones, opposée à l'image sage des Beatles", précise Serge Vincendet, collectionneur de plus de 70.000 pochettes. Pour les Beatles, toute une série de photos, faites par la photographe Linda Mc Cartney, la femme de Paul, montre le "making of" du cliché d'Abbey Road pris par Ian Mc Millan et les déclinaisons auxquelles la photo a donné lieu, en clin d'oeil, par d'autres artistes.

Les photographes marquent leur temps


Le Français Lucien Clergue, cofondateur des rencontres d'Arles, fait partie des ces photographes étroitement associés à la musique. Ami de Manitas de Plata, il a illustré tous les albums du guitariste manouche. L'exposition affiche encore Jean-Paul Goude mettant en scène Grace Jones,  William Klein photographiant Serge Gainsbourg, Miles Davis par Irving Penn, David Hamilton faisant poser un Claude François juvénile. Les labels de disques ont aussi contribué à l'essor de la photo sur vinyles, dont Blue note, label mythique du jazz. L'exposition met en regard les photos originelles et les photos retravaillées pour les pochettes, dont John Coltrane, Lee Morgan, "des images jamais vues auparavant", dit  Antoine de Beaupré.

Par ailleurs, "les photographes marquent leur temps. Certaines photos sont très années 50, d'autres années 70 ou 80", ajoute-t-il. Les pochettes d'ESP créée en 1964 montrent de beaux portraits noirs et blancs des grandes figures du free jazz. Fin des années 60, les pochettes d'ECM puis d'Hipgnosis délaissent le portrait pour des photos totalement abstraites et minimalistes, telles celles des Pink Floyd. Avec plus de 350 pochettes, Jean-Baptiste Mondino est celui "qui a réalisé le plus de pochettes de disque au monde", raconte Serge Vincendet. Parfois, ce sont les musiciens qui se sont mis au service de la photo en exploitant les fonds de tel ou tel photographe connu comme Rickie Lee Jones avec Brassaï.

Aujourd'hui, la disparition du support physique de la musique au profit d'un support numérique dématérialisé, menace-t-elle la photographie ?,  s'interroge le visiteur. "Il y aura toujours besoin d'un visuel photographique ou graphique pour illustrer un album", affirment les commissaires.