Festival Images Singulières de Sète : Chloé Jafé dans l'intimité des femmes de yakuzas

Publié le 24/05/2018 à 18H21
Photo du reportage "Inochi Azukemasu"

Photo du reportage "Inochi Azukemasu"

© Chloé Jafé

Le festival Images Singulières, rendez-vous photographique de Sète, accueille pour sa dixième édition une quinzaine d'artistes. Parmi les jeunes talents très en vue, Chloé Jafé. Son travail sur les femmes de yakuzas, les membres de la mafia japonaise, est étonnant. A voir jusqu'au 27 mai.

A 34 ans, Chloé Jafé est l'une des photographes documentaires les plus prometteuses de sa génération. "Inochi Aazukemasu - Le don de sa vie", est le nom de ce reportage hors norme réalisé pendant quatre ans au Japon. Elle a gagné la confiance de certains des membres de la plus grande organisation criminelle du monde pour s'intéresser au rôle non officiel mais très important de leurs femmes, filles et maîtresses. 

Reportage : France 3 Languedoc-Roussillon : J. Faure   / S. Taponier / V. Portela-Rosa

https://videos.francetv.fr/video/NI_1239891@Culture

Intégrer et gagner la confiance de membres de la mafia : peu de personnes semblent attirées par l'idée. Chloé Jafé si. Cette jeune photographe reporter, qui a notamment travaillé pour l'agence Magnum à Londres, est fascinée par le Japon et sa culture depuis longtemps. Les yakuzas, membres de la mafia, elle les connaissait à travers les films. Elle se rend compte alors du peu de documents existant sur la place de leurs femmes. Elles vivent dans l'ombre mais jouent en fait un rôle important. Une femme mariée à un chef yakuza se doit de tout savoir sur ce qui se passe dans l'organisation. 

Hôtesse dans un bar de nuit 

Pour faire les bonnes rencontres, la photographe se fait un temps embaucher comme hôtesse dans un bar de nuit de Ginza. Elle parvient à rencontrer le chef d'un groupe yakuza de Tokyo, qui lui donne l'autorisation de photographier son quotidien et celui des femmes du groupe. Ses photographies en noir et blanc montrent beaucoup de moments d'intimité. Elle s'intéresse aussi aux corps de ceux qu'elle photographie, des corps souvent tatoués. Pendant quatre ans, elle a tissé de réels et profonds liens avec certaines personnes. D'ailleurs, l'organisation lui a donné carte blanche pour exposer son travail. Un reportage qui tient toute sa place à Sète, au festival Images Singulières

Chloé Jafé est lauréate de la Bourse du talent 2017. Dans ce cadre, certaines des photos de son reportage sont également exposées jusqu'au 31 mai 2018 à la maison de la photographie de Lille