Des tags homophobes sur une expositions de photographies d'Olivier Ciappa à Metz

Par @Culturebox
Publié le 03/06/2018 à 18H01
En 2015, c'est à Toulouse qu'une exposition d'Olivier Ciappa était vandalisée. Aujourd'hui, c'est à Metz que des tags hompophobes ont été inscrits sur une de ses expositions (archives 8 décembre 2015)

En 2015, c'est à Toulouse qu'une exposition d'Olivier Ciappa était vandalisée. Aujourd'hui, c'est à Metz que des tags hompophobes ont été inscrits sur une de ses expositions (archives 8 décembre 2015)

© Thierry Bordas / PhotoPQR / La Dépêche du Midi / MaxPPP

Des tags homophobes, découverts à Metz sur les clichés d'une exposition d'Olivier Ciappa montrant des "couples de la République", suscitaient dimanche l'indignation de la ville et des organisateurs. Les faits ont été commis dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué la municipalité.

Une dizaine de photos, qui composent l'exposition du photographe Olivier Ciappa, installée en plein air au square du Luxembourg, ont été recouvertes du mot "NON", inscrit à la peinture rouge.
 
L'exposition montre des couples enlacés, LGBT anonymes, hétérosexuels et de stars. En 2015, cette même exposition avait déjà été vandalisée à Toulouse. Les dégradations ont été découvertes vendredi par des membres de l'association LGBT "Couleurs Gaies", qui organisait l'événement dans le cadre de la 2e édition de son festival pro-visibilité, les "Rainbow Weeks".
 
En accord avec l'artiste, la ville de Metz et l'association ont décidé de prolonger la durée de l'exposition et de "laisser les photos en l'état". Il s'agit de "montrer qu'en 2018, l'homophobie est toujours là et une réalité", a indiqué Thomas Scuderi, adjoint à la démocratie participative et à la citoyenneté, interrogé dimanche par l'AFP.

Le maire Dominique Gros condamne un "acte d'homophobie caractérisé"

Le maire socialiste Dominique Gros a évoqué un "acte d'homophobie caractérisé" et condamné les dégradations "avec la plus grande sévérité", dans un communiqué. "Nous avons décidé de laisser les bâches sur lesquelles sont imprimées les photographies de l'exposition dans l'état où elles se trouvent", a indiqué le maire. "Elles permettront à chacun de s'interroger sur la tolérance, le vivre-ensemble, l'inclusion de tous dans notre société ainsi que sur le travail qu'il nous reste à accomplir ensemble pour y parvenir", a souligné Dominique Gros.
 
Evoquant "un acte de vandalisme", l'association "Couleurs Gaies" a annoncé qu'elle déposerait une "plainte contre X" la semaine prochaine. "C'est un acte qui ne doit pas rester impuni", a souligné Matthieu Gatipon-Bachette, président de l'association. "La ville de Metz fait beaucoup pour les associations, et vous avez un acte isolé qui vient tout ternir", a-t-il regretté. "La visibilité des personnes LGBT, même si elle est affichée très sobrement, pose encore problème en 2018", a-t-il dit.

Loin d'une France tolérante

"Cela n'entame en rien notre détermination à continuer à mener des actions de visibilité à Metz pour, justement, essayer de faire de la prévention, éveiller les consciences", a-t-il ajouté. Il a salué le civisme de "Messins (qui) sont allés nettoyer des bâches sur lesquelles sont imprimées les photos".
 
"Le mariage pour tous a beau être passé, on est encore très loin de vivre dans une France tolérante et inclusive", a réagi le photographe Olivier Ciappa dans un texte posté samedi sur Twitter. "L'exposition montre l'étendue des différentes familles et des différents couples de la République. On y voit de vraies familles de vrais couples, qu'ils soient gays, lesbiennes, bi, trans ou hétéros. Bien entendu c'est à nouveau les photos LGBT qui ont été détruites, pas les hétéros", a fait remarquer l'artiste.
 
Les "Rainbow Weeks" de Metz s'achèveront samedi prochain par la Gay Pride.